Le Brexit rend Euroclear un peu plus belge

Lieve Mostrey, CEO d'Euroclear ©Dieter Telemans

La firme, déjà très belge, va transférer de Londres à Bruxelles sa holding de tête. Jusqu’ici, le Brexit rapporte peu à la Belgique.

Euroclear va déménager sa holding de Londres à Bruxelles, annonçait le "Financial Times" ce mercredi. Le déménagement se fera plus tard dans l’année et est motivé par le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. "Nous faisons cela pour pouvoir, vu le Brexit, travailler dans un environnement plus sûr", nous indique la Belge Lieve Mostrey, CEO d’Euroclear.

Euroclear est un gros acteur du système financier mais travaille dans l’ombre. Son métier principal est d’assurer le dénouement des transactions financières, en assurant la livraison des titres (actions, obligations,…) contre leur paiement. On appelle cela le règlement-livraison et, chez Euroclear, cela représente le traitement annuel de 733.000 milliards d’euros. La conservation de titres pour le compte de tiers est une autre spécialité de la maison, qui se chiffre à 28.600 milliards d’euros.

3.800
emplois
Euroclear est déjà très implantée en Belgique puisque, sur quelque 3.800 emplois, la moitié environ est basée à Bruxelles, dans une tour du quartier Nord, ainsi qu’à Braine-l’Alleud.

Le "move" vers Bruxelles de la structure faîtière d’Euroclear ne va rien changer à ces ordres de grandeur. "Pour être bien clair: nous continuons comme aujourd’hui à servir nos clients au Royaume-Uni au travers de notre division sur place. À part une ou deux fonctions qui vont être transférées, le déménagement de la holding ne va pas générer d’emplois supplémentaires à Bruxelles."

"Nous faisons cela pour travailler dans un environnement plus sûr."
Lieve Mostrey
CEO d'Euroclear

S’il sera sans doute mentionné comme un plus pour Bruxelles, ce changement de domicile décidé par Euroclear s’annonce donc plus symbolique qu’autre chose et ne va pas changer la face de la place financière bruxelloise.

Selon la CEO, ce déménagement de la holding de tête d’Euroclear n’aura pas plus d’impact sur le plan fiscal. En 2016 (derniers comptes publiés auprès de la Banque nationale), la principale structure belge d’Euroclear (Euroclear Bank) a versé 43 millions d’euros d’impôts.

Maigre récolte belge jusqu’ici

Depuis que le Brexit stresse les acteurs de la City, ces derniers ont été rares à rejoindre Bruxelles. Deux ans après le déclenchement de la procédure de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, Bruxelles ne peut pas se targuer d’avoir attiré la grande foule.

Il y a bien les assureurs Lloyd’s of London, QBE et MS Amlin. Il y a aussi la société de transfert de fonds MoneyGram et la fintech Ebury Partners. Mais la liste s’arrête là.

"D’ici cinq à dix ans"

D’autres centres financiers font mieux, que ce soit Francfort, Paris ou Luxembourg. "La Belgique se concentre surtout sur les infrastructures financières", pointe Lieve Mostrey. "L’arrivée récente de Moneygram prouve notre crédibilité sur ce terrain. De manière générale on n’a pas encore vu beaucoup d’établissements quitter Londres. Les annonces qui ont été faites jusqu’ici me semblent surtout être des solutions de secours pour pallier la grande incertitude liée au Brexit. Je pense que le véritable flot de départs ne viendra qu’à plus long terme, d’ici cinq à dix ans."


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