Le coup de pouce du Parti du Brexit à Boris Johnson

Nigel Farage, le leader du Parti du Brexit. ©EPA

Le parti du Brexit renonce à briguer les sièges détenus par les conservateurs lors des législatives du 12 décembre prochain.

Nigel Farage, le chef de file du "Brexit Party", a décidé qu'il ne présenterait pas de candidats dans 317 circonscriptions remportées par le Parti conservateur en 2017, de quoi faciliter grandement la tâche du Premier ministre, Boris Johnson, en vue des législatives anticipées du 12 décembre. Nigel Farage avait auparavant assuré qu'il présenterait quelque 600 candidats si le Premier ministre conservateur Boris Johnson refusait une alliance.

Cette envie de ne pas diviser le camp favorable au Brexit risque de coûter cher aux travaillistes britanniques, nouvelle cible du Parti du Brexit. Le mouvement opéré par le Parti du Brexit "rend plus probable une majorité" conservatrice, a commenté sur Twitter Sara Hobolt, professeure de sciences politiques à la London School of Economics (LSE).

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Sur l'échiquier britannique, les Libéraux-démocrates font campagne pour arrêter le Brexit, tandis que les travaillistes promettent de négocier un nouvel accord de sortie de l'Union européenne, qu'ils soumettraient à un référendum avec comme alternative le maintien dans l'UE. De son côté, le Premier ministre conservateur Boris Johnson se pose en sauveur du Brexit, désirant mettre en oeuvre son accord négocié avec les Européens au plus tard le Brexit au 31 janvier.

Le Parti du Brexit était accusé par les conservateurs de risquer d'éparpiller les voix des partisans d'une sortie de l'Union européenne et donc de favoriser les travaillistes et les Libéraux-démocrates. Le "geste" de Farage simplifie donc la donne pour le gouvernement sortant. Mais dans les rangs travaillistes, la riposte s'organise. Des voix se sont déjà élevées dire que voter pour les conservateurs reviendrait à voter pour le Parti du Brexit. 

D'autres vont plus loin dans le jeu des associations. Exemple avec le chef de file des travaillistes, Jeremy Corbyn. Il rappelle que l'europhobe Nigel Farage avait proposé dès le début de la campagne au Premier ministre britannique de former une alliance pro Brexit avec lui pour les législatives de décembre, une proposition vue d'un bon oeil par Donald Trump. Ce qui fait dire ce lundi au leader du camp travailliste que le président américain a eu ce qu'il voulait. 

Sur les marchés, la livre sterling évolue en nette hausse face au billet vert (+0,82%) comme face à l'euro (+0,66%) après l'annonce de Nigel Farage. 

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