Le discours "One Nation" de la reine Elizabeth II

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Il y a un an, lors de son dernier "Queen’s Speech", Elizabeth II avait envoyé quelques signaux bienveillants aux Écossais, quatre mois avant un référendum fiévreux sur l’indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni, qui avait finalement abouti au statu quo.

En plus des nouveaux pouvoirs accordés à l’Écosse pour la troisième fois en douze mois, les têtes pensantes conservatrices de Downing Street ont cette fois fait prononcer à la reine l’expression "One Nation" dès le premier paragraphe. Un peu plus qu’une expression d’ailleurs, puisqu’il s’agissait de l’un des slogans du candidat… travailliste, Ed Miliband, pendant la campagne.

Le fond du discours et des annonces qui y ont été faites établit l’idée que le Royaume-Uni est avant tout une "nation de travailleurs", unie autour de cette valeur forte.

Le gouvernement britannique a annoncé mercredi un projet de loi confirmant l’organisation d’ici à la fin 2017 d’un référendum sur "le maintien ou non" du Royaume-Uni dans l’Union européenne.

Le discours de la reine Elizabeth II a été aussi l’occasion pour le Premier ministre David Cameron de confirmer quelques promesses électorales, comme la dévolution de pouvoirs à l’Écosse ou encore un gel des impôts.

Une nation qui sera pourtant divisée comme jamais dans les douze à vingt-quatre prochains mois. "Une loi sera rapidement présentée pour organiser un référendum sur le maintien ou la sortie de l’Union européenne, au plus tard en fin d’année 2017", a lu la Reine, vingt jours après la victoire du parti tory aux élections, qui a validé la promesse faite par David Cameron à l’hiver 2013. Les détails du projet de loi seront officiellement présentés aux députés jeudi, puis discutés à la chambre des Communes.

Horizon lointain

Fin 2017 est un horizon lointain pour la majeure partie du monde des affaires, qui réclame depuis quelques semaines une anticipation du scrutin pour limiter l’impact de la défiance globale sur l’économie britannique.

Le Discours de la Reine confirme que la loi sur l’organisation du référendum sera introduite en priorité, mais les eurosceptiques du parti tory semblent avoir convaincu le Premier ministre de repousser le plus loin possible le scrutin afin de mieux nourrir le débat et convaincre les électeurs, encore majoritairement favorables au maintien dans l’Union, de changer d’avis.

Droits humains

"Mon gouvernement va avancer des propositions pour une 'loi britannique sur les droits' (British Bill of Rights)", a également indiqué la Reine.

La mention est volontairement floue, et masque le rétropédalage du Premier ministre sur la suppression du Human Rights Act, voté en 1998. De nombreux parlementaires, y compris de droite, se sont élevés contre cette prise de distance avec la Convention européenne des droits de l’homme, et ont obtenu gain de cause puisque la nouvelle loi ne sera pas introduite sans vote.

Gel des impôts

Les autres éléments forts du discours de la Reine confirment ou précisent les promesses de campagne. Le programme "Right to Buy" inspiré des premières années thatchériennes, qui permet à des locataires de racheter leur logement social à un prix modeste, est validé. Aucune hausse d’impôt de quelque sorte n’interviendra avant 2020, qu’il s’agisse de la TVA, de l’impôt sur le revenu ou des cotisations sociales. Ceux qui travailleront moins de trente heures par semaine seront exonérés de l’impôt sur le revenu.

"Le gouvernement renégociera la relation du Royaume-Uni avec l’Union européenne et poursuivra la réforme de l’Union européenne."
Elisabeth II

Alors que le pays a frôlé la paralysie avec un préavis de grève de la National Rail, les droits des grévistes vont être un peu plus limités (40% de votes nécessaires avant un mouvement bloquant des "services publics essentiels").

Le National Health Service, qui a été le grand échec du premier mandat de David Cameron, fonctionnera sept jours sur sept à partir de 2020 si l’on en croit la voix toujours assurée de la Reine (89 ans, 62 Queen’s Speeches).

Un plan de développement régional de très grande envergure va par ailleurs être mis en place dans les villes du Nord (Liverpool, Manchester, Newcastle). L’objectif est ambitieux: contrebalancer l’écrasante domination de Londres et du sud de l’Angleterre sur l’économie britannique.

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