Le Labour ouvre la voie à un second référendum

"Il est temps que le projet alternatif du Labour soit au centre de l'attention, tout en gardant ouvertes toutes les options", indique Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste. ©AFP

Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste, a déposé un amendement qui ouvre la voie au vote du public sur l'accord du Brexit.

L'opposition travailliste britannique a déposé un amendement qui contraindrait le gouvernement de Theresa May à laisser aux élus le temps d'examiner plusieurs options sur le Brexit, y compris celle d'un second référendum sur la sortie de l'Union européenne.

"Sans accord de Brexit, il y aura une 'frontière dure' en Irlande"

Un départ du Royaume-Uni de l'UE sans accord conduirait au retour d'une "frontière dure" entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, met en garde le porte-parole de la Commission européenne."Nous n'avons rien de nouveau à dire à Bruxelles, parce qu'il n'y a rien de nouveau venant de Londres. En toute honnêteté, j'ai un terrible sentiment de déjà vu dans tous ces échanges."

Interrogé sur les conséquences qu'aurait un retrait britannique sans accord avec l'Union européenne, Margaritis Schinas a estimé que la réponse était "assez évidente". "Vous aurez une frontière dure", a-t-il lancé.

 

"Il est temps que le projet alternatif du Labour soit au centre de l'attention, tout en gardant ouvertes toutes les options, y compris celle d'un vote public sur l'accord", explique le chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn, qui a apposé son nom à cet amendement déposé lundi soir à la Chambre des communes.

Longtemps réticent, Jeremy Corbyn s'est rangé récemment à l'idée d'une nouvelle consultation, mais a souligné qu'un tel vote ne devait en aucun cas être une "réédition" de celui de juin 2016. Les partisans du Brexit l'avaient emporté par près de 52% des voix.

C'est maintenant au président de la Chambre, John Bercow, de décider quels amendements doivent être soumis au vote. Rien n'indique que l'amendement Corbyn obtiendrait une majorité. Le Labour lui-même, qui est divisé sur le Brexit, a souligné que cette proposition ne signifiait pas que le parti travailliste soutenait l'hypothèse d'un second référendum.

De retour à Bruxelles

En attendant, la Première ministre britannique Theresa May dit vouloir retourner à Bruxelles pour négocier un nouvel accord sur le Brexit. Elle voudrait, dans le cadre de son plan B, arracher de nouvelles concessions aux Européens tout en se montrant davantage à l'écoute de ses élus. 

De son côté,  le ministre chargé du retrait britannique de l'UE, Stephen Barclay, indique que le gouvernement planche sur la mise au point des requêtes qui seront formulées auprès de l'Union européenne. "L'UE ne veut pas d'une sortie sans accord - qui aurait un gros impact non seulement pour l'économie irlandaise, mais pour les autres économiques, comme l'économie des Pays-Bas - donc l'intérêt des deux parties est d'aboutir à un accord."

Les députés des Communes se réunissent le 29 janvier pour débattre et voter sur de nouvelles mesures sur le Brexit, toujours programmé le 29 mars à minuit. À moins de dix semaines de la sortie programmée du Royaume-Uni de l'UE, aucun consensus n'a encore émergé à Londres sur la manière, ni même l'opportunité de mener à bien ce retrait.

Selon un sondage YouGov réalisé le 16 janvier, les Britanniques voteraient à 56% contre 44% en faveur d'un maintien de leur pays dans l'Union européenne si la question leur était à nouveau posée par référendum.

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