Le maigre lot de consolation de Theresa May

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Préparer l’avenir de la relation entre l’Union et le Royaume-Uni sans négocier: voilà le maigre geste que l’Union est prête à faire à Theresa May pour l’encourager à avancer sur le divorce.

Des "clopinettes".  Les citoyens britanniques pourraient utiliser le même terme pour qualifier les concessions que les Vingt-Sept s’apprêtent à faire à Theresa May que celui dégainé par le président duParlement européen plus tôt dans la semaine. Antonio Tajani parlait des 20 milliards d’euros que Londres se dit prêt à payer en guise de facture du Brexit  trois fois moins que les estimations européennes. Les Vingt-Sept doivent offrir ce vendredi aux Britanniques une tape d’encouragement.

Bien sûr, rien n’a changé, quoi que Theresa May ait voulu laisser croire à grands renforts de communication. Sur son compte Facebook, la Première ministre s’est adressée directement aux trois millions d’Européens qui vivent sur le territoire britannique: "Nous voulons que les gens restent et nous voulons que leurs familles restent ensemble", a-t-elle assuré avant de se rendre à Bruxelles pour participer au sommet européen. Rien de suffisant pour ouvrir la percée que son gouvernement disait espérer à la fin du dernier round de négociations, la semaine dernière: face au "mur" Barnier, le négociateur britannique espérait des Vingt-Sept qu’ils assouplissent le mandat de négociation du français.

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Avant même que Theresa May défende son point de vue jeudi soir et avant une délibération des Vingt-Sept sur le sujet ce vendredi, la chancelière allemande Angela Merkel tranchait: "Il n’y a pas de progrès suffisants pour commencer" la seconde phase de négociations. Theresa May continue de demander de pouvoir négocier l’avenir de la relation avec l’Union parallèlement aux modalités pratiques du divorce, elle en restera pour ses frais. À moins que…

À moins qu’elle n’arrive à vendre à son opinion publique la vessie que les Vingt-Sept s’apprêtent à lui concéder pour une lanterne. Ce vendredi, les chefs d’État et de gouvernement doivent appeler le Conseil et les négociateurs de l’Union à entamer des "discussions préparatoires internes" sur l’après-Brexit. Une manière de dire que le sujet monte doucement à l’agenda. Le gouvernement Suédois s’est même fendu d’un geste concret dans cette direction, jeudi, en demandant à son agence du Commerce de "rédiger une base pour les intérêts commerciaux suédois dans les négociations de l’UE avec le Royaume-Uni sur une nouvelle relation commerciale".

Mais Theresa May ne semble pas avoir convaincu ses homologues jeudi soir. Le Premier ministre, Charles Michel lui lance donc un appel à plus de clareté. "Pour prendre des décisions à deux, il faut être clairs à deux."  

"C'est une négociation difficile, nous en sommes conscients, tout le monde doit être de bonne volonté. Mais hier soir, tout n'était pas clair, notamment au niveau financier ou pour les droits des citoyens. Or, cette clarté est cruciale pour les familles des citoyens européens."
Charles Michel
Premier ministre


L’essentiel est que les Vingt-Sept n’ont pas assoupli le cadre qu’ils ont donné à leur négociateur: Michel Barnier doit enregistrer des progrès "suffisants" sur les aspects les plus sensibles du divorce avant d’envisager le passage à la seconde phase des pourparlers. "Nous verrons s’il est possible pour le Royaume-Uni d’apporter des réponses claires dans les semaines qui viennent", a indiqué le Premier ministre Charles Michel au cours d’une conférence de presse avant le dîner. Le message est limpide: la balle reste plus que jamais dans le camp britannique en attendant la prochaine session du Conseil, en décembre, où les Vingt-Sept espèrent pouvoir adopter de nouvelles lignes directrices pour leur négociateur.

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