Publicité

Le Parlement britannique exclut un Brexit sans accord... mais aussi le "backstop" nord-irlandais

©REUTERS

Les députés britanniques ont voté ce mardi soir pour, d'une part, exclure le risque d'un Brexit sans accord et, d'autre part, remplacer le "backstop" nord-irlandais par des mécanismes alternatifs. Le Parlement votera en faveur d'un accord avec l'UE si May obtient cette modification.

Les députés britanniques ont voté, de justesse, à 318 voix pour (et 310 voix contre) un amendement à l'accord de retrait visant à exclure la possibilité d'un Brexit sans accord, spectre souvent brandi par Theresa May pour inciter les députés à voter pour l'accord qu'elle a bouclé avec l'Union européenne il y a plusieurs semaines. L'amendement, qui n'est pas contraignant pour la Première ministre, ne dit toutefois pas comment il obligerait le gouvernement d'arrêter un Brexit qui se dirige vers un "no deal".

La livre chute

La livre britannique chutait  après le rejet de l'amendement qui aurait pu repousser de quelques mois la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Vers 21H10, la livre sterling valait 87,41 pence pour un euro, après avoir évolué à 86,82 pence quelques minutes avant le résultat du vote.

Face au dollar, la livre tombait à 1,3079 dollar, contre 1,3165 dollar quelques minutes auparavant.

 

Quelques minutes plus tard, les députés ont approuvé un deuxième amendement, de justesse également, avec 317 voix pour (contre 301 voix contre). Soutenu par Graham Brady, président du Comité 1922 (qui regroupe les élus conservateurs à l'exception de ceux qui occupent des fonctions au gouvernement), il demande que le "backstop" nord-irlandais - la clause de sauvegarde censée garantir qu'il n'y aura pas de retour à une frontière physique sur l'île d'Irlande - soit remplacé par des mécanismes alternatifs et indique que le Parlement votera en faveur d'un accord avec l'UE si May obtient cette modification.

Cela pourrait permettre à Theresa May de démontrer à ses partenaires européens qu'elle peut constituer une majorité parlementaire sur un accord de retrait à condition que le backstop en soit éliminé. A Bruxelles, un porte-parole de Donald Tusk, président du Conseil européen, a toutefois immédiatement rappelé que le "backstop" faisait partie de l'accord conclu avec Londres et qu'il n'était pas renégociable.

Précédemment, le Parlement avait voté à 321 voix (298 voix contre) pour laisser au gouvernement de Theresa May le contrôle sur le processus de Brexit. Dans le cas contraire, le contrôle de ce processus aurait été transféré au Parlement.

La Chambre des Communes avait auparavant voté contre une proposition de l'opposition qui demandait au Parlement d'envisager d'autres options pour empêcher la Grande-Bretagne de quitter l'Union européenne sans un accord, comme une union douanière permanente ou un deuxième référendum. 

Déposé par le SNP indépendantiste écossais et son homologue gallois Plaid Cymru, l'amendement qui demandait au gouvernement de reporter le Brexit et d'exclure une sortie sans accord avait également été rejeté à une écrasante majorité. 39 voix pour et 327 contre. Par ailleurs, un amendement semblable, qui demandait un report de la date du Brexit si aucun accord de retrait n'était ratifié au 26 février, a lui aussi été rejeté avec 322 voix contre (290 voix pour).

L'amendement qui permettait aux députés de mettre sur la table leurs propres propositions un jour par semaine sur la période février-mars, avait lui aussi été rejeté mais de façon beaucoup plus mince. 321 députés ont voté contre, mais 301 avaient tout de même voté pour.


Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité