Le Parlement britannique rejette encore l'accord sur le Brexit

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Les députés de la Chambre des communes ont voté contre l'accord fixant les modalités du Brexit. Le 15 janvier dernier, ils avaient déjà rejeté une première version du texte. C'est un nouveau coup dur pour Theresa May qui était parvenue la veille à obtenir certaines garanties des Européens sur la question de la frontière entre les deux Irlande. La suite du programme? La cheffe du gouvernement britannique demandera ce mercredi aux députés s'ils veulent quitter l'Union européenne sans accord.

A 17 jours de la date prévue pour le Brexit, les députés britanniques ont rejeté par 391 voix contre 242 l'accord négocié par Theresa May, et cela malgré les dernières retouches obtenues ce lundi par la cheffe du gouvernement. Ce vote est un cinglant désaveu pour la Première ministre qui a négocié le texte du divorce, près de 600 pages, pendant de longs mois. Ce vote pose aussi la question de la survie de Theresa May à la tête de l'exécutif. Une réunion de crise se tiendra en soirée entre plusieurs membres du gouvernement et l'entourage de Theresa May exclut à ce stade une démission de la Première ministre. 

La sanction est moins lourde que le 15 janvier dernier, quand l'accord de retrait avait été balayé par 432 voix contre 202, mais elle laisse le Royaume-Uni dans la plus profonde incertitude sur l'issue d'un processus amorcé par le référendum du 23 juin 2016. 

Et maintenant, 3 options sont possibles 

- Les députés voteront ce mercredi sur la question d'un divorce sans accord, le fameux "no deal", une hypothèse qui fait trembler les milieux économiques.   

- Si le parlement vote contre cette sortie sans accord, les députés devront à nouveau passer par la case vote, ce jeudi. La question sera alors d'approuver ou non un report "limité" du Brexit. Les 27 devront toutefois donner leur accord à l'unanimité, ce qui ne semble pas gagné. Les dirigeants européens ont prévenu que toute demande de report devrait être dûment justifiée, ce qui a encore été confirmé ce mardi à l'issue du vote par le porte-parole de la Commission.  

- Le Royaume-Uni pourrait aussi lancer de nouvelles discussions avec la Commission Juncker pour obtenir des changements. Mais, l'exécutif européen se montre peu enclin à faire des efforts en ce sens. "Il n'y aura pas de troisième chance", a averti lundi le président de la Commission, Jean-Claude Juncker. "C'est cet accord ou le Brexit pourrait ne pas se produire du tout", a-t-il insisté.

Le 29 mars, le Royaume-Uni quittera l’Union européenne. Que se passera-t-il si Bruxelles et Londres ne trouvent pas un accord pour une sortie "ordonnée"? Retrouvez ici notre tour d’horizon - non exhaustif - en dix exemples.

May isolée 

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"Si ce vote n'est pas acquis ce soir, si cet accord n'est pas entériné ce soir, alors cela pourrait en être fini du Brexit", avait pourtant prévenu la Première ministre britannique, s'exprimant d'une voix cassée lors des débats préalables au vote. Mais les députés pro-Brexit de son Parti conservateur, regroupés au sein de l'ERG (European Research Group), de même que les unionistes nord-irlandais du DUP, dont dépend la majorité parlementaire du gouvernement, avaient annoncé qu'ils voteraient contre le plan amendé présenté par May à la suite de sa rencontre lundi soir à Strasbourg avec Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. 

Les parlementaires ont donc suivi l'avis du procureur général Geoffrey Cox qui avait plus tôt dans la journée jugé que les risques juridiques du filet de sécurité irlandais dans l'accord de divorce avec l'UE restaient "inchangés".

42.000 emplois
Le coût d'un No deal pour la Belgique
Selon l'administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans, qui s'appuie sur une étude de la KULeuven, la perte en cas de No Deal pour la Belgique pourrait s'élever à 2,35% du PNB et plus de 42.000 emplois.

L'Europe se prépare au "no deal" 

"L'UE a fait tout ce qu'elle pouvait pour aider à faire adopter l'Accord de retrait. L'impasse ne peut être réglée qu'au Royaume-Uni. Nos préparatifs en vue d'un 'no deal' sont désormais plus importants que jamais."
Michel Barnier
Négociateur en chef de l'UE pour le Brexit

Les responsables européens ont immédiatement réagi au vote du Parlement britannique, accentuant au passage la pression sur le gouvernement May. Pour Donald Tusk, le président du Conseil européen, l'UE a "fait tout ce qui est possible pour parvenir à un accord (...) Il est difficile de voir ce que nous pourrions faire de plus." Même son de cloche du côté de Michel Barnier, le négociateur en chef des Européens. Selon lui, "l'UE a fait tout ce qu'elle pouvait pour aider à faire adopter l'Accord de retrait. L'impasse ne peut être réglée qu'au Royaume-Uni. Nos préparatifs en vue d'un 'no deal' sont désormais plus importants que jamais."

Brexit

Les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont réfléchi sur les futures négociations concernant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Les dirigeants s'engageant à aller vite et à rester unis pour éviter que Londres n'arrache un accord trop favorable susceptible d'inspirer d'autres départs. Suivez toute l'actualité sur le Brexit dans notre dossier spécial >

  

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