Le Parlement européen ratifie le traité du Brexit dans l'amertume

Des députés socialistes sont en larme lors d'une cérémonie sur le Brexit au Parlement européen avant le vote des accords sur le retrait du Royaume-Uni de l'UE. ©AFP

Les députés européens ont voté la ratification du traité du Brexit ce mercredi, à deux jours du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Leur amertume était grande, mis à part dans les rangs du Brexit Party.

Le Parlement européen a voté ce mercredi à une majorité écrasante (621 voix pour, 49 contre et 13 abstentions) la ratification du traité du Brexit, à deux jours du départ du Royaume-Uni de l'Union européenne. Juste après le vote, les députés européens, très émus, ont entonné en choeur la chanson "Old long since" (Ce n'est qu'un au revoir).

La grande majorité des eurodéputés étaient amers, certains versant des larmes lors d'une cérémonie sur le Brexit. Avant de voter, un dernier débat sur les accords de retrait s'est tenu dans l'hémicycle. "C’est triste de voir une grande nation nous quitter. Comment cela a-t-il pu arriver?", a déploré Guy Verhofstadt (RE, Open VLD), le rapporteur du Brexit au Parlement européen.

"C’est triste de voir une grande nation nous quitter. Comment cela a-t-il pu arriver?"
Guy Verhofstadt
Eurodéputé libéral

L’eurodéputé libéral a également rendu hommage aux 73 eurodéputés britanniques quittant le Parlement européen. "Ils ont toujours apporté de l’esprit, du charme, de l’intelligence. Certains d’entre eux. Vous allez nous manquer", a-t-il dit.

Guy Verhofstadt, rapporteur sur le Brexit pour le Parlement européen ©REUTERS

Pour l'ancien Premier ministre belge,"le Brexit n’a pas commencé il y a trois ans, il a commencé lorsque nous avons donné des dérogations, des opt-out". Guy Verhofstadt, désigné récemment à la présidence de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, a plaidé pour une réforme de l'Union européenne. "L'enseignement du Brexit est qu'il faut réformer l'Union", a-t-il lancé, défendant l'idée d'une UE sans dérogation"Ce vote, ce n'est pas un adieu, ce n'est qu'un au revoir", a-t-il conclu.

"Une grave erreur"

"Le Royaume-Uni nous quitte, c'est une erreur, une erreur grave"
Manfred Weber
Président du groupe PPE au Parlement européen

"Le Royaume-Uni nous quitte, c'est une erreur, une erreur grave", a renchéri Manfred Weber (PPE, CDU), le chef de file des démocrates-chrétiens. Pour les socialistes, l'accord de retrait est "une victoire aigre-douce". "Nous sommes absolument désolés de voir le Royaume-Uni nous quitter", a déploré Iratxe Garcia Perez (S&D, PSE) la présidente du groupe socialiste. "Pour nous, le 31 janvier sera un jour de tristesse, nous avons tout fait pour que le Royaume-Uni reste dans l'UE", a martelé le coprésident des Verts, Philippe Lamberts (Verts, Ecolo). 

Nigel Farage, président du Brexit ©EPA

Un seul député européen était à la fête, Nigel Farage (The Brexit Party), l'un des auteurs du Brexit. "C'est un point de non-retour, lorsque nous aurons quitté l'UE nous ne reviendrons plus. Le reste, c'est des détails", a-t-il dit, "et je veux que le débat s'installe partout en Europe. Nous n'avons pas besoin de cette commission (...). Nous aimons l'Europe, mais nous détestons l'Union européenne". Les députés du Brexit Party ont ensuite agité des drapeaux britanniques.

Les élus britanniques d'autres groupes politiques ne partageaient pas cet enthousiasme. "Je suis un enfant du conflit irlandais et je remercie l'Union européenne de nous avoir permis d'atteindre la paix", a résumé avec tristesse Naomi Long (RE, APNI), dont c'était la dernière intervention au Parlement européen.

"Nous ne serons jamais loin"

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen ©AFP

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (PPE, CDU), a rendu hommage aux politiques, fonctionnaires et députés britanniques qui ont participé à la vie de l'Union européenne. "Nous vous aimerons toujours et nous ne serons jamais loin", a-t-elle dit.

L'Allemande a souligné l'importance de la négociation de la relation future entre le Royaume-Uni et l'UE. "Nous souhaitons forger un partenariat étroit", a-t-elle dit, plaidant pour un accord de libre-échange avec des "tarifs zéro" et "sans quotas", où "les entreprises européennes et britanniques puissent être dans une concurrence équitable".

Les députés européens ont averti le Royaume-Uni des conséquences de leur retrait, comme la reprise des frontières. "Les personnes et les biens seront contrôlés", a affirmé Manfred Weber. 

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