Le "plan B" de May critiqué jusqu'au sein de son gouvernement

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Le refus d'un ministre britannique d'endosser la possibilité d'un Brexit sans accord a mis un peu plus en lumière jeudi la faiblesse de Theresa May sur ce dossier, à quelques jours d'un vote crucial au Parlement.

Une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans filet de sécurité, le 29 mars, serait "une situation désastreuse", avec des échanges commerciaux régis par les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et ainsi réduits à leurs "termes les plus basiques avec nos partenaires les plus proches". Les déclarations du ministre des Entreprises, Greg Clark, sur la BBC ce jeudi matin, ont dû faire grincer des dents auprès de ses collègues du gouvernement May.  

Ces propos contredisent la position officielle tenue par Theresa May, qui n'exclut pas un Brexit brutal en cas de rejet, très probable, de l'accord de divorce négocié pendant de longs mois avec l'Europe. La sortie du ministre Clark est aussi un signe supplémentaire des divisions sur le Brexit. Le manque de clarté du gouvernement May a aussi été pointé du doigt par les députés cette semaine où deux défaites cuisantes à la Chambre des Communes ont fait chanceler l'exécutif. Un mauvais présage pour le vote sur l'accord de divorce prévu mardi prochain.

Ce que craignent les entreprises britanniques

Les règles de l'OMC fixent notamment des droits de douane pour la circulation des marchandises. Une rupture brutale des liens avec le bloc européen est particulièrement redoutée par les milieux économiques et plongerait le Royaume-Uni dans la crise, selon la Banque d'Angleterre, avec un effondrement de la livre et une montée en flèche du chômage.

D'autant plus que l'incertitude sur les modalités du Brexit joue de mauvais tours au tissu économique britannique. Pas plus tard que ce jeudi, le constructeur automobile Jaguar Land Rover va supprimer jusqu'à 5.000 emplois au Royaume-Uni, soit plus de 10% de ses effectifs. 

Une aubaine pour l'opposition 

Theresa May est donc mise au pied du mur par les députés, qui tentent de mettre en échec sa menace d'un 'no deal', le tout avec la complicité de conservateurs europhiles de la majorité.  Les députés viennent d'adopter un amendement obligeant l'exécutif à présenter sous trois jours, en cas de rejet de l'accord, un "plan B" qui pourra être amendé par les députés. 

Voulant capitaliser sur le chaos ambiant, le leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a appelé à des élections générales anticipées pour résoudre "l'impasse". "Si le gouvernement ne peut faire passer ce texte extrêmement important, alors il doit y avoir une élection le plus tôt possible", a-t-il réclamé, répétant que le Labour voterait contre le "mauvais accord" de Theresa May.  Pour tenter de rallier le vote des députés travaillistes, Theresa May réfléchit à accepter leur amendement garantissant les droits des travailleurs après le Brexit, a confirmé son porte-parole. La dirigeante espère toujours aussi pouvoir retourner la situation à son avantage en tentant d'obtenir de l'UE des "assurances" supplémentaires, susceptibles de rassurer les députés.  

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