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analyse

Le potentiel incertain du marché britannique

©REUTERS

Tant la livre sterling que la Bourse de Londres évoluent dans un trend haussier ces derniers mois. Mais certains analystes jugent cet optimisme injustifié.

Et si? Et si le Brexit n'avait pas lieu le 29 mars? Et si, au contraire, le Royaume-Uni et l'Union européenne ne parvenaient pas à un accord et décrétaient un divorce dans la douleur? Depuis plusieurs mois déjà, les intervenants de marché s'arrachent les cheveux sur la question du Brexit, passant du scepticisme exacerbé à l'optimisme béat. En témoigne l'évolution en dents de scie de la livre sterling  et du Footsie britannique .

Aujourd'hui, le verre est visiblement à moitié plein. L'indice phare de la Bourse de Londres est repassé au-dessus de la barre symbolique des 7.000 points pour la première fois en deux mois. Depuis son plus bas atteint le 27 décembre dernier, il a ainsi rebondi d'environ 7%. Rappelons que les entreprises britanniques domestiques représentent seulement 10% du FTSE-100. "En cas de non-Brexit ou de Brexit soft, l'amélioration des bénéfices domestiques devrait malheureusement être contrecarrée par l’effet négatif d’un renforcement de la livre sterling sur le segment plus large des multinationales", estiment les analystes de Bloomberg Intelligence. Dans un rapport publié ce lundi, ils pensent que le Footsie britannique pourrait gagner 10% dans les deux cas contre une chute de 30% si le scénario d'un hard Brexit se concrétise. "En raison de la structure sectorielle du FTSE, un gain plus important sera possible grâce à une amélioration du sentiment mondial et un rebond des matières premières."

10%
Le potentiel haussier du Footsie est limité
Selon les analystes de Bloomberg Intelligence, le Footsie britannique pourrait gagner environ 10% en cas de non-Brexit ou de Brexit soft, contre une chute de 30% en cas de hard Brexit.

Les analystes de Bloomberg Intelligence voient par contre le report du Brexit comme l'une des pires solutions possibles car cela ne ferait "que prolonger l'incertitude et créer davantage de tension pour l’économie, les employeurs et les investisseurs".

Les chances d'un "no deal" jugées faibles

Sur le marché des changes, la livre sterling a gagné 4,5% depuis la mi-décembre. Et même si la tendance s'est récemment inversée, l'ambiance dans les salles de marché reste à l'optimisme prudent. L'agence Reuters a rapporté mercredi dernier que les analystes bancaires continuent de penser que le risque d'un hard Brexit est faible. La banque britannique Standard Chartered a par exemple maintenu son estimation à 20%, tout comme BNP Paribas, tandis que Goldman Sachs et Deutsche Bank ont relevé leur probabilité à 15%. 

©Photo News

Quelques voix discordantes se font toutefois entendre dans les couloirs. "Nous trouvons difficile de justifier l'optimisme actuel sur le Brexit et placerions une probabilité subjective plus grande que les marchés sur le risque d'absence de négociation", expliquent Andreas Steno Larsen et Morten Lund, stratégistes de Nordea Bank. Ils estiment que le vote qui a eu lieu mardi dernier au Parlement britannique "a poussé le Royaume-Uni vers une sortie sans accord alors que Theresa May (la Première ministre britannique, NDLR) est à présent partie demander une licorne à l'Union européenne". C'est pourquoi les deux stratégistes recommandent de vendre la livre par rapport à l'euro, visant un niveau de 89,50 pence pour 1 euro.

Chez Credit Agricole, le rebond de la monnaie britannique est également mal perçu. "Le combat de coqs entre le Royaume-Uni et l'UE est entré dans une phase critique", préviennent ses analystes. "Il reste très difficile de dire si un accord est possible, étant donné que les différences de point de vue restent importantes." Selon eux, la livre devrait retomber à des niveaux proches de 0,89 euro  ou 1,29 dollar, "là où le rallye a démarré". 

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