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Le Royaume-Uni brandit la menace de l'article 16

En charge de la question du protocole nord-irlandais, le ministre d'État britannique David Frost reconnaît avoir sous-estimé l'ampleur des difficultés. ©© No10 Crown Copyright / eyevin

Sous la pression des unionistes nord-irlandais, Londres cherche à repousser l'application de certains points du Brexit. Le blocage avec l'UE s'annonce durable.

Au moment d'être désigné ministre d'État pour reprendre en main la question du protocole nord-irlandais, il y a trois mois, il ne faisait guère de doute que David Frost allait durcir les relations avec l'Union européenne. L'obtention d'un assouplissement du protocole ou d'une extension de la période de grâce pour sa mise en œuvre était au cœur de son agenda.

L'ancien contradicteur de Michel Barnier semble finalement aller plus loin que prévu. "Toutes les options" sont désormais sur la table, a-t-il indiqué à plusieurs reprises cette semaine. Y compris le très délicat article 16 du protocole nord-irlandais, clé de voûte de l'accord de retrait britannique de l'Union européenne. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait elle-même brandi cette menace en début d'année, pendant la crise des vaccins, avant de se rétracter.

Pour la première fois, les Britanniques reconnaissent ouvertement avoir sous-estimé l'ampleur des difficultés en Irlande du Nord.

Cet article 16 donne à chaque partie la possibilité de suspendre unilatéralement des mesures. Dans le cas présent, celles-ci concernent les vérifications administratives et phytosanitaires de biens alimentaires en provenance de la Grande-Bretagne et destinés au marché hybride (à la fois britannique et européen) de l'Irlande du Nord.
Le blocage vient des unionistes nord-irlandais du DUP, qui voient dans ce régime douanier une fracture supplémentaire avec la Grande-Bretagne. Ils durcissent donc le ton, que ce soit de façon paramilitaire ou politique, avec la récente élection d'Edwin Poots à la tête du DUP.

Belfast au cœur de l'après-Brexit

Pour la première fois, les Britanniques reconnaissent ouvertement avoir sous-estimé l'ampleur des difficultés en Irlande du Nord. La solution proposée par Boris Johnson en 2019, qui était censée régler les problématiques non résolues dans l'accord de retrait conclu par Theresa May en 2018, s'avère finalement plus limitée, voire dangereuse, que ce que le Premier ministre assurait avant de remporter triomphalement les élections.

Les conditions du protocole pour la frontière entre la Grande-Bretagne et l'Irlande "ont probablement un effet plus important que nous le pensions sur les entreprises britanniques qui veulent transférer des biens vers l'Irlande du Nord, et c'est une des raisons sous-jacentes des agitations et des développements politiques que nous voyons en Irlande du Nord", a indiqué David Frost devant une commission parlementaire.

Ces dernières évolutions suggèrent que le déblocage des négociations ne viendra pas de Londres, ni de Bruxelles, mais bien de Belfast. Et rien n'indique qu'un tel déblocage sera possible avant les prochaines élections nord-irlandaises de mai 2022.

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