Le Royaume-Uni réforme son système d'immigration

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Le Royaume-Uni introduira le 20 février un nouveau visa destiné aux chercheurs. Pour les travailleurs moins qualifiés, un système à points inspiré de l’Australie sera créé d’ici la fin de l’année.

Depuis la campagne référendaire sur le Brexit, "Global Britain" a été l’une des expressions les plus utilisées par Boris Johnson. Elle résume à elle seule tout un pan de l’idéologie des partisans du Brexit: mettre à distance les voisins européens pour mieux s’ouvrir au reste du monde. Que le nouveau système de visas pour les travailleurs très qualifiés ait été intitulé "Global Talent" découle donc d’une certaine logique.

Boris Johnson veut profiter du Brexit pour replacer le Royaume-Uni au premier rang de la recherche et de l’innovation.

À compter du 20 février, les scientifiques du monde entier pourront se porter candidat auprès de l’agence de recherche britannique Ukri (United Kingdom Research & Innovation Agency) pour venir travailler au Royaume-Uni. Ils pouvaient déjà le faire, mais à peine plus de 500 d’entre eux ont bénéficié de ce visa de première catégorie, plafonné à 2.000 dossiers. Ce plafond sera supprimé, et le choix des chercheurs sera fait exclusivement par l’Ukri, qui est indépendant.

Les grandes institutions scientifiques, comme la Royal Society, obtiennent ainsi ce qu’elles désiraient depuis le début du Brexit. Boris Johnson suit également les recommandations de son conseiller, Dominic Cummings, qui espère profiter de l’électrochoc du Brexit pour replacer le Royaume-Uni au premier rang mondial de la recherche et de l’innovation. L’enjeu est important, puisque près de la moitié des 211.000 chercheurs scientifiques présents au Royaume-Uni sont originaires de l’Union européenne.

Système australien

Le visa de deuxième catégorie, moins élitiste, est tout aussi important puisqu’il concerne les travailleurs moins qualifiés. Il s’agit du personnel étranger travaillant dans la santé, la construction, l’agriculture, l’informatique ou les arts.

Le gouvernement va adopter d’ici la fin de l’année un système de visas par points, comparable à celui existant en Australie. Le Migration Advisory Committee livrera ses recommandations dans la prochaine semaine. Elles détermineront s’il est préférable d’accueillir des travailleurs en fonction de leurs compétences personnelles, selon l’esprit du modèle australien, ou bien en fonction des besoins immédiats des entreprises. C’est ce deuxième modèle qui semble récolter le plus de faveurs jusqu’ici. Le critère d’éligibilité de 30.000 livres de revenus annuels (35.700 euros), décidé sous Theresa May, a d’ores et déjà été supprimé.

Le nouveau système visera à trouver le bon équilibre entre la satisfaction des partisans du Brexit, qui ont avant tout voulu sortir de l’UE pour mieux contrôler l’immigration, et celle des petites et grandes entreprises, qui dépendent de l’afflux de main-d’œuvre et de matière grise pour développer leurs activités avec des salaires bas, dans une économie qui ne compte que 3,8% de chômeurs.

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