Le Royaume-Uni "remplira ses obligations financières"

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Downing Street assure que la facture du divorce avec l’Union européenne sera réglée quelle que soit l’issue du processus.

À six semaines de la désignation d’un nouveau Premier ministre, le duel à distance de la prochaine phase de négociations, entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept, a déjà commencé. Rien ne dit qu’une reprise de discussions formelles ait lieu, l’UE ayant indiqué à plusieurs reprises que l’accord de retrait conclu avec Theresa May ne sera pas revu.

Mais les échanges existent toujours entre les deux parties, y compris depuis que Theresa May a annoncé sa démission, le 24 mai dernier. Les différents chefs d’État et de gouvernement ont profité, notamment, des commémorations du Débarquement pour faire une sorte de débriefing après l’échec évident de cette première phase du processus. Un processus qui pourrait rester enlisé pendant longtemps encore.

44 milliards €
En décembre 2017, les deux parties se sont entendues sur une facture comprise entre 40 et 44 milliards d’euros en cas de Brexit sans accord.

En attendant que le nouveau leader du parti conservateur soit désigné, l’UE a officiellement réagi aux dernières déclarations du favori de ce scrutin interne, Boris Johnson, qui a affirmé vouloir intégrer la question de la facture de divorce due à l’UE dans les prochaines négociations commerciales.

Dans un communiqué, la Commission a estimé que le Royaume-Uni devra assurer le "respect de ses obligations financières contractées en tant qu’État membre", y compris en cas de Brexit sans accord. Elle a ajouté que le règlement de cette facture serait l’une des "conditions préalables" à l’ouverture de négociations commerciales ultérieures.

Montant encore à définir

Interrogé quelques minutes plus tard par L’Echo, un porte-parole du gouvernement a levé les doutes: "Le montant précis reste encore à définir (les deux parties se sont entendues en décembre 2017 sur une fourchette comprise entre 35 et 39 milliards de livres, soit 40 à 44 milliards d’euros, NDLR). Par ailleurs, cette facture fait partie de l’accord de retrait, qui n’a pas encore été ratifié par le Parlement. Toutefois, il ne fait aucun doute que les obligations financières liées aux derniers mois de présence dans l’Union européenne seront remplies." Relancé dans la foulée sur les propos contradictoires tenus par Boris Johnson, favori à la succession de May, à ce sujet, il a assuré qu’"il n’y aura pas de défaut. Nous sommes le Royaume-Uni".

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La Commission a également rappelé qu’en cas de no deal, le Royaume-Uni devra assurer la protection des droits des citoyens et le maintien des conditions de paix à la frontière irlandaise. Sur ce point, Downing Street montre également patte blanche, en indiquant que le processus d’enregistrement des citoyens européens s’effectue dans les meilleures conditions, avec déjà 455.000 dossiers validés (dont 1% rejeté). Près de 300.000 autres dossiers sont en cours de traitement. "Les préparations du no deal sont engagées depuis décembre et se poursuivent normalement. Aucune question ne pose plus de difficulté qu’une autre."

Dans le même temps, Boris Johnson a lancé sa campagne officielle, en édulcorant son message: "Je ne vise pas une sortie sans accord. Je ne pense pas que ça se terminera comme ça mais il est responsable de (s’y) préparer avec détermination."

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