Le Royaume-Uni renoue avec la politique industrielle

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Comment l'économie britannique va-t-elle vivre le Brexit? Theresa May a donné ses pistes. Londres compte soutenir son industrie traditionnelle, mais aussi les entreprises de nouvelles technologies.

"Si nous devons profiter des opportunités offertes par le Brexit, il faut que notre économie toute entière soit exploitée", avait expliqué Theresa May avant d'expliquer comment Londres veut créer un "environnement favorable" pour son économie.

Un petit bilan du thatcherisme à lire ici.

La Première ministre britannique, Theresa May, a donc jeté les bases de son plan destiné à adapter l'économie du pays à l'environnement post-Brexit et à relancer une politique industrielle enterrée il y a 30 ans par Margaret Thatcher.

 

→ Que va faire Londres?

La mine de charbon de Kellingley, la dernière encore en activité en Angleterre, a fermé ses portes fin décembre. L'Angleterre se cherche désormais une nouvelle politique industrielle. ©REUTERS

Les ministres présents ont globalement évoqué les moyens de soutenir l'activité dans tout le pays, dans les régions qui souffrent comme dans celles qui profitent de la mondialisation. Le défi consiste à enrayer le long déclin du secteur industriel en portant secours aux entreprises mises à mal par la mondialisation, sans pour autant menacer la compétitivité britannique.

• Le ministre des Finances, Philip Hammond, a déclaré qu'une réduction de l'écart de compétitivité entre Londres et le sud-est de l'Angleterre d'une part et le reste du pays d'autre part pourrait entraîner une hausse de 9% de la production.m

• Les ministres se sont mis d'accord sur le fait qu'il faudrait également "créer une économie ouverte aux nouvelles industries, en particulier celles qui vont avoir une influences sur nos vies à l'avenir", selon le porte-parole du gouvernement. Le volontarisme affiché pourrait donc être destiné à des fleurons historiques de l'industrie britannique, comme le constructeur automobile Jaguar Land Rover ou le groupe aéronautique BAE Systems, mais aussi à des entreprises de nouvelles technologies.

"Une économie qui fonctionne pour tout le monde"

La nouvelle chef du gouvernement a présidé la première réunion de la commission interministérielle sur "la stratégie économique et industrielle" dans ses bureaux du 10, Downing street, avec onze autres ministres autour de la table. "La Première ministre a souligné que l'objectif de la nouvelle stratégie industrielle devait être de mettre sur pied une économie qui fonctionne pour tout le monde", a déclaré un porte-parole dans un communiqué publié après la réunion.

 

♦ Les entrepreneurs sont contents

L'Association britannique des fabricants (EEF), la principale fédération patronale de l'industrie britannique, a salué l'initiative de Theresa May, qui a pris la relève de David Cameron il y a moins d'un mois, dans la foulée du référendum.

"Le simple fait que la nouvelle Première ministre préside ce comité, je crois, est un début de réponse à la faiblesse des deux précédents gouvernements, à savoir le manque de concertation et d'approche trans-ministérielle", a réagi le dirigeant de l'EEF, Terry Scuoler.

Dans l'immédiat, l'équipe de Theresa May a deux dossiers brûlants à traiter en matière de politique industrielle.

→ Le dossier d'Hinkley Point, où doivent en théorie être construits deux réacteurs nucléaires de types EPR. A la surprise générale, le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu'il se donnait un délai de réflexion supplémentaire avant de confier - ou non - ce chantier géant au groupe français EDF avec la participation d'un investisseur chinois.
→ L'exécutif britannique doit aussi traiter le cas du groupe indien Tata Steel, lequel a annoncé fin mars son intention de vendre la totalité de ses activités au Royaume-Uni, menaçant plusieurs milliers d'emplois.

 

©EPA

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