Les députés britanniques rejettent la tenue d'élections le 12 décembre

Boris Johnson a été contraint de solliciter un report du Brexit. Jusqu'à quand? ©REUTERS

Le Parlement britannique a voté contre la motion du gouvernement de Boris Johnson qui demandait l'organisation d'élections législatives anticipées le 12 décembre.

Sans surprise, le Premier ministre n’a pas pu convaincre les deux tiers du Parlement de voter pour l’organisation d’une élection anticipée le 12 décembre. Le Labour a, pour la troisième fois en deux mois, refusé d’accorder au grand favori du prochain scrutin la possibilité réelle de prolonger son bail à Downing Street jusqu’en 2025. La raison officielle de ce refus n’a pas changé: écarter tous les risques de no deal.

Boris Johnson préserve une chance d’organiser ce scrutin dès le mois prochain, puisque le LibDem et le Scottish National Party (SNP) se disent prêts à apporter leurs voix à un vote à majorité simple, qui inscrirait la date de la prochaine élection dans une nouvelle loi. Ils réclament, pour cela, l’engagement du gouvernement à retirer la loi sur l’accord du Brexit jusqu’au scrutin, et pourraient réclamer des amendements.

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Ceux-ci seraient très sensibles électoralement pour les Tories puisqu’il pourrait s’agir du droit de vote pour les 16-17 ans, du droit de vote pour les citoyens européens qui seront officiellement résidents après le Brexit, ou encore de l’organisation d’un second référendum. Ils ont exigé avec force que la date soit fixée au 9 décembre, un lundi, c’est-à-dire une journée où un plus grand nombre d’étudiants pourraient se déplacer.

Boris Johnson est d’accord sur le principe de cette loi, mais veut organiser l’élection le 12 décembre. Un entêtement assez irrationnel, qui compromet ses chances de succès. Ses intentions réelles sont de plus en plus illisibles. En dehors de l’organisation de l'élection générale, qui est encore loin d'être assurée, la voie la plus courte semble être la poursuite du processus de validation de la loi sur l’accord, mais le Premier ministre est clairement tétanisé par les tories rebelles, qui ont le pouvoir de vider l’accord de sa substance en faisant voter un amendement sur le maintien dans l’union douanière.

Johnson espère conserver son accord intact le plus longtemps possible, pour ne le présenter qu’à un Parlement dont la majorité tory serait nettement renforcée.

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