Les dirigeants de l'UE et Boris Johnson ont signé l'accord post-Brexit, validé par les députés britanniques

©REUTERS

C'est officiel. Ursula von der Leyen et Charles Michel ont signé l'accord commercial post-Brexit. Comme le Premier ministre britannique Boris Johnson. Le document a également été approuvé à une large majorité par les députés britanniques.

À la veille de la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen, les dirigeants de l'UE ont signé ce mercredi l'accord post-Brexit conclu avec Londres pour encadrer la rupture historique.

Lors d'une brève cérémonie à Bruxelles, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et son homologue du Conseil - institution représentant les États membres - Charles Michel, tout sourire, ont signé ces documents, contenus dans des classeurs bleus, qui doivent ensuite être acheminés par un avion de la Royal Air Force à Londres.

"L'accord que nous avons signé aujourd'hui est le résultat de mois d'intenses négociations dans lesquelles l'Union européenne a montré une unité sans précédent."
Charles Michel
Président du Conseil européen

"L'accord que nous avons signé aujourd'hui est le résultat de mois d'intenses négociations dans lesquelles l'Union européenne a montré une unité sans précédent", a commenté Charles Michel dans un communiqué. "C'est un accord juste et équilibré qui protège totalement les intérêts fondamentaux de l'Union européenne", a-t-il dit.

La Chambre des Communes, la chambre basse du parlement du Royaume-Uni, a ensuite donné sans surprise son feu vert à l'entrée en vigueur au 1er janvier de ce texte de 1.246 pages, conclu la veille de Noël. Le gouvernement de Boris Johnson y bénéficie d'une majorité, et le chef de l'opposition travailliste avait lui aussi appelé ses troupes à voter en faveur du texte. Les médias britanniques relaient ce mercredi après-midi un vote à 521 voix pour, 73 contre.

Le texte a ensuite été paraphé par Boris Johnson.

©AFP

Ensuite, l'accord post-Brexit a reçu l'approbation de la reine Elisabeth II dans la nuit de mercredi à jeudi, signifiant que celui-ci a désormais valeur de loi au Royaume-Uni.
Le président de la Chambre des communes, la chambre basse du Parlement, Lindsay Hoyle, a confirmé aux premières heures jeudi que la monarque a validé de sa signature le compromis de 1.246 pages.

Boris Johnson au moment de la signature du texte. ©Photo News

Après le feu vert des 27 en début de semaine, elle permettra aux deux parties de le ratifier in extremis pour une entrée en vigueur ce jeudi soir à 23 h, à Londres et GMT (minuit à Bruxelles).

"Ouvrir un nouveau chapitre"

Après 47 ans d'intégration européenne et quatre ans et demi de déchirements suivant le référendum du Brexit, le Royaume-Uni, sorti formellement de l'UE le 31 janvier dernier, cessera alors d'appliquer les règles européennes. Il quittera le marché unique européen, l'union douanière et le programme d'échanges d'étudiants Erasmus.

"Nous allons ouvrir un nouveau chapitre de notre récit national, concluant des accords commerciaux partout dans le monde (…) et réaffirmant le Royaume-Uni comme une force pour le bien, libérale et tournée vers l'extérieur."
Boris Johnson
Premier ministre anglais

Le projet de loi présenté aux députés "montre que le Royaume-Uni peut être à la fois européen et souverain", a déclaré Boris Johnson dans un communiqué. "Nous allons ouvrir un nouveau chapitre de notre récit national, concluant des accords commerciaux partout dans le monde (…) et réaffirmant le Royaume-Uni comme une force pour le bien, libérale et tournée vers l'extérieur", a-t-il ajouté.
Il a promis que le pays deviendrait "le meilleur ami et allié possibles de l'UE", après en avoir été un "membre peu convaincu, parfois obstructif".

Unité menacée

Sorti de l'Union européenne le 31 janvier dernier, le Royaume-Uni se trouve depuis dans une période de transition pendant laquelle il continue d'observer les règles européennes. Jeudi soir, il larguera réellement les amarres.

En arrivant à un accord de libre-échange, Londres et Bruxelles évitent le choc d'un "no deal" avec des barrières commerciales qui auraient coûté cher à leurs économies déjà affaiblies par la pandémie.

Boris Johnson n'a pas besoin d'une nouvelle crise: les hôpitaux britanniques se trouvent au bord de la rupture et les contaminations s'accélèrent malgré le reconfinement d'une grande partie de la population depuis la découverte d'un variant plus contagieux du virus.

Avec cet accord conclu après des mois de négociations acharnées, l'UE offre à Londres un accès sans droits de douane ni quotas à son marché de 450 millions de consommateurs, mais prévoit des sanctions et mesures compensatoires en cas de non-respect de ses règles en matière d'aides d'État, d'environnement, de droit du travail et de fiscalité, pour éviter tout dumping.

La fin de la période de transition post-Brexit marque cependant un bouleversement majeur. Des contrôles douaniers aux frontières viendront alourdir les échanges et la libre circulation s'arrête pour les Britanniques et les citoyens de l'UE sur leurs territoires respectifs.

Le gouvernement britannique voit par ailleurs l'unité du Royaume se fissurer. En Écosse, qui a voté à 62% contre le Brexit en 2016, les sondages montrent désormais une majorité de la population favorable à l'indépendance, pourtant rejetée par un premier référendum en 2015.

Dossier Brexit

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