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Les Écossais du SNP, faiseurs de roi… à Londres

Nicola Sturgeon devrait arbitrer les futures élections. ©EPA

Six mois après le référendum, le parti nationaliste écossais SNP dirigé par Nicola Sturgeon a présenté hier son programme en vue des élections britanniques. L’événement passe d’ordinaire quasi inaperçu à Londres. Mais cette fois, il fait trembler l’échiquier politique à Westminster.

Nicola Sturgeon est devenue ces derniers jours la femme dont tout le monde parle. Et tout indique qu’elle sera la Nick Clegg de 2015, avec un rôle d’arbitre pour former, le 8 mai au petit matin, ce qui promet d’être une nouvelle coalition.

La position de Nicola Sturgeon par rapport aux deux "Premier ministrables" Ed Miliband (Labour) et David Cameron (parti conservateur, premier ministre sortant) est d’ailleurs ambiguë, puisqu’elle ne cache pas en privé son manque de confiance vis-à-vis du premier, qu’elle ne juge pas à la hauteur d’une telle fonction. De là à fâcher les électeurs du SNP en s’alliant avec le parti de droite, cible permanente pendant le dernier référendum…

En attendant, le Scottish National Party est bien parti pour s’imposer comme le premier parti écossais. Les derniers sondages confirment une avance confortable sur les autres partis. Avance historique également, qui confirmera la fragmentation du paysage politique dans l’ensemble du Royaume-Uni.

D’après les derniers sondages, près de la moitié des électeurs écossais (49%) ont l’intention de voter SNP, avec une dynamique haussière depuis le début de la campagne. Le Labour suit derrière, à 25%, puis le Parti Conservateur à 18% et le LibDem à 4%.

Cet ancrage fort à gauche n’est pas nouveau en Écosse. En revanche, une telle proportion de votes en faveur du parti indépendantiste sera historique: depuis sa création en 1935, il a rassemblé au maximum 30% des voix. Et c’était il y a 41 ans, en 1974, au moment où le pays était enferré dans sa crise la plus profonde depuis l’après-guerre, où même Londres était gagnée par la sinistrose.

Un tel succès lui garantirait une cinquantaine de sièges au Parlement, suffisant pour le mettre en position de force au lendemain du vote, qui ne donnera pas de vainqueur majoritaire.

Les nombreuses concessions faites par David Cameron lors du dernier référendum (où le non à l’indépendance l’a remporté à 55%) le laissent aujourd’hui démuni et sans possibilité de conclure un accord supplémentaire.

La présentation du manifeste du SNP, hier, était donc particulièrement attendue, d’autant que tous les autres partis ont déjà abattu leurs cartes.

Proches du Labour

De nombreuses promesses du Scottish National Party (SNP) correspondent à celles du Labour.

Sans surprise, de nombreuses promesses correspondent à celles du Labour. La gémellité de nombreuses propositions suggère qu’un accord de gouvernement sera simple à établir dans deux semaines: réduction des frais universitaires, imposition sur les propriétés immobilières de luxe, retour de l’imposition à 50% sur les revenus supérieurs à 150 000 livres, imposition des bonus des banquiers, opposition au référendum sur l’Union européenne, réglementation supplémentaire sur les contrats zéro heure, plan national de construction de 100 000 logements…

Alors que le parti conservateur semblait avoir une voie royale il y a encore 3 semaines pour être reconduit pour 5 années supplémentaires, la panique commence à s’installer, la réserve de voix et la dynamique de campagne étant désormais du côté d’Ed Miliband. Signe qui ne trompe pas: les Tories viennent de rappeler l’ancien Premier ministre John Major à la rescousse pour délivrer dans la semaine un discours de soutien.

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