Les négociations accélèrent pour éviter un Brexit désordonné

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Les négociateurs se retrouvaient en cette fin de semaine et devraient poursuivre la semaine prochaine, alors que Londres demande à la Commission un "changement d’approche".

L’accord sur le Brexit est écrit à 80%, mais comme il est d’usage dans toute négociation qui se respecte, le plus dur est laissé pour la fin. Qui approche à grands pas: les négociateurs de la Commission et du Royaume-Uni veulent conclure en octobre, et ils ne pourront pas dépasser cette deadline de beaucoup s’ils veulent un accord applicable pour le 29 mars prochain.

"Nous avons besoin de voir un changement d’approche de la part de la Commission européenne."
Jeremy Hunt
Ministre Britannique des Affaires étrangères

Si l’on se dit raisonnablement optimiste au sein de la Commission sur l’issue des pourparlers, d’aucuns au sein du gouvernement britannique agitent le chiffon rouge d’un retrait désordonné. Le ministre du commerce international Liam Fox estime ainsi les chances d’un no deal à "60-40". Son collègue des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, avertissait mardi que "tout le monde doit se préparer à la possibilité d’un chaotique Brexit sans accord". Faisant au passage reposer la responsabilité de cette éventualité sur les épaules des négociateurs de l’UE: "Nous avons besoin de voir un changement d’approche de la part de la Commission européenne."

Cette agitation est devenue habituelle dans le chef d’une partie du gouvernement de Theresa May et ne dit donc pas grand-chose de l’état de la procédure de divorce. Les équipes du négociateur en chef européen Michel Barnier et de son collègue britannique Dominic Raab se sont retrouvées en cette fin de semaine pour reprendre les échanges interrompus en juillet.

Ils devaient plancher jeudi sur la question de la frontière irlandaise, principale pierre d’achoppement des négociations, puis vendredi sur la future relation entre l’Union et le "pays tiers" que deviendra le Royaume-Uni. Les discussions pourraient se poursuivre la semaine prochaine, et se conclure par une conférence de presse de Michel Barnier mardi, avance-t-on à la Commission.

"Nous redoutons que [l'absence de frontière] ne puisse se faire sans mettre en péril l’intégrité de notre union douanière, de notre politique commerciale commune, de notre politique réglementaire et de nos recettes fiscales."
Michel Barnier
Négociateur en chef de l'Union européenne

L’Irlande et la future relation sont deux questions intimement liées. Eviter de créer une frontière "dure" sur l’île pose l’épineuse question de la gestion des échanges commerciaux, des douanes, des standards, du prélèvement de la TVA… Qui relèvent d’un accord sur l’avenir de la relation. Parallèlement à l’accord politique qui doit être trouvé d’ici l’automne sur l’après-2020, les Européens veulent bétonner une solution de dernier recours ("backstop") pour empêcher l’établissement d’une frontière sur l’île d’Irlande quelle que soit l’issue des négociations sur la future relation.

Londres a validé le principe d’un "backstop", mais le gouvernement de Theresa May défend l’idée d’une union douanière qui étendrait à l’ensemble du territoire britannique l’absence de frontière décrétée en Irlande. Ce qui, lorsque l’on exige de pouvoir négocier ses propres accords commerciaux, revient à demander le beurre et l’argent du beurre.

Michel Barnier le disait autrement fin juillet: "Nous redoutons que cela ne puisse se faire sans mettre en péril l’intégrité de notre union douanière, de notre politique commerciale commune, de notre politique réglementaire et de nos recettes fiscales." Bref, il faut une solution de dernier recours "juridiquement fonctionnelle" et elle ne tombera pas du plafond sans un "changement d’approche"… de part ou d’autre.

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