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Les non-résidents dans le collimateur du Labour

La promesse faite par Ed Miliband est loin de faire l’unanimité dans ses rangs. ©REUTERS

À quatre semaines des élections, le Labour frappe fort en annonçant la suppression du régime spécial des "non-doms" en cas de victoire.

Ce régime ancien de deux siècles permet à ceux domiciliés à la fois au Royaume-Uni et dans un autre pays de jongler avec le fisc et de ne pas payer d’impôts sur leurs revenus mondiaux.

Le Royaume-Uni compterait environ 116.000 non-résidents, parmi lesquels de nombreux patrons de grandes sociétés, tels Martin Sorrell (WPP), Richard Branson (Virgin) ou Stefano Pessina (Walgreens Boots Alliance). Le PDG d’HSBC, Stuart Gulliver, a été épinglé pour cette raison cet hiver, sans que son attitude ne soit légalement répréhensible. De nombreux oligarques russes profitent également de ce statut.

Cette promesse faite par Ed Miliband est loin de faire l’unanimité dans ses rangs. C’est d’ailleurs pendant la décennie du pouvoir travailliste (1997-2007) que le nombre de non-doms au Royaume-Uni avait fortement progressé. Selon le Shadow Chancellor Ed Balls (future ministre de l’économie en cas de victoire du Labour), "ces lois ont été introduites pendant les guerres napoléoniennes pour permettre à ceux qui gagnaient de l’argent dans les colonies de ne pas payer d’impôts au Royaume-Uni. Le monde est différent aujourd’hui, l’époque est différente, les choix sont différents."

Du côté du parti conservateur, dont le programme électoral attire les faveurs de la majeure partie des grands dirigeants de sociétés, le calendrier d’application de ce projet souffre d’"une confusion qui rappelle qu’on ne peut pas faire confiance (au Labour) sur l’économie."

Le ministre de l’économie George Osborne s’est inquiété de "l’abolition d’un statut qui coûterait à notre pays des centaines de millions de livres en baisse de revenus fiscaux ou d’investissements." Ed Balls a précisé qu’un "délai court" serait accordé aux non-doms afin de leur permettre d’actualiser leur situation.

Reste à connaître la réaction de l’électorat après cette promesse qui rappelle, sur la forme, la taxe à 75% sortie du chapeau de François Hollande à six semaines du premier tour de la présidentielle française, en 2012. Une nette majorité d’électeurs (61% selon un sondage TNS Sofres) avaient adhéré à cette idée qui allait s’avérer inapplicable.

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