Les voisins européens à l'affût d'un Brexit dur

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Les récentes annonces ou menaces de déménagement de grandes entreprises établies au Royaume-Uni ont désinhibé quelques pays européens.

Les partenaires ou futurs ex-partenaires européens du Royaume-Uni n’hésitent plus à faire des appels du pied aux entreprises britanniques. Theresa May a été directement informée des discussions préliminaires entre Tony Hall et Charles Michel pour abriter l’éventuel futur siège européen de la BBC à Bruxelles. Elle a également appris que les Pays-Bas avaient lancé un programme pour attirer 250 entreprises britanniques.

L’économie britannique est sur un point de bascule.

De son côté, le gouvernement français a envoyé un livret de 28 pages aux 30.000 entreprises ayant des liens commerciaux avec le Royaume-Uni pour leur suggérer de "se préparer à différents scénarios", et pour les plus importantes d’entre elles, de rapatrier leurs activités britanniques sur le sol français. Emmanuel Macron a également indiqué la semaine dernière à Downing Street qu’il ne souhaitait pas voir le secteur audiovisuel inclus dans les accords commerciaux post 2020, ce qui n’est pas anodin par rapport à la concurrence frontale entre les deux leaders européens de l’audiovisuel et du cinéma.

Inquiétude à Buckingham

L’économie britannique est donc sur un point de bascule qui pourrait avoir des conséquences sur plusieurs décennies. Jeudi soir, la Reine est allée un peu plus loin que les toussotements diplomatiques, et n’a pas eu besoin d’avoir recours à ce néologisme qu’est encore le mot ‘Brexit’ pour signifier toute son inquiétude à la Première ministre, au gouvernement et aux parlementaires. "Dans notre recherche de nouvelles réponses en ces temps modernes, je préfère pour ma part les recettes éprouvées, comme se parler avec respect et respecter les différents points de vue, se rassembler pour chercher un terrain d’entente et ne jamais oublier de prendre du recul ." Pour éviter d’avoir le mauvais rôle, l’exécutif a rapidement salué ces paroles pleines de sagesse, par la voix de son ministre de l’économie Philip Hammond, qui a appelé au "compromis" et au "pragmatisme".

Il a également réaffirmé la position officielle du gouvernement ("Je ne crois pas du tout que faire le choix de sortir sans accord serait un acte responsable mais je reconnais que nous pouvons potentiellement nous retrouver dans cette situation par défaut").

Toutes les options

Concrètement, le gouvernement reste tant bien que mal sur la position de May: épuiser toutes les options d’accord, avant d’affronter réellement le spectre d’un Brexit sans accord que personne ne souhaite, puis laisser les parlementaires repousser la date de sortie pour ne pas avoir à assumer cet échec démocratique. Le vote parlementaire sur la seconde version de l’accord conclu par Theresa May avec l’Union européenne est censé avoir lieu mardi.

Le DUP et quelques membres du parti tory ont indiqué être prêts à faire évoluer leur position si la question du filet de sécurité à la frontière irlandaise est revue. Mais l’espoir d’un accord de dernière minute est très mince.

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