Londres veut un Brexit sans poste-frontière en Irlande du Nord

©REUTERS

Faut-il rétablir une frontière physique entre les deux Irlande? Comme faire, vu que le Sud de l'Irlande appartiendra encore à l'UE et qu'il faudra que Londres conclue un accord douanier avec l'Europe?

C'est l'un des problèmes les plus complexes lors des négociations sur le Brexit: faut-il rétablir une frontière physique entre les deux Irlande? 

L'enjeu est important. Il ne s'agit pas que d'une question de douane et de circulation des marchandises. En effet, le rétablissement d'une éventuelle frontière entre la République d'Irlande, membre de l'UE, et l'Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni, risquerait de fragiliser l'accord de paix ayant mis fin en 1998 à des décennies de violences meurtrières dans la région entre protestants favorables à la tutelle britannique et catholiques nationalistes irlandais.

30.000 personnes
Environ 30.000 personnes franchissent chaque jour sans le moindre contrôle les 500 kilomètres de frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.

→ Ce que veut Londres

Le gouvernement britannique vient de clarifier sa position: aucun poste-frontière ne devrait être rétabli entre l'Irlande et l'Irlande du Nord après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, propose-t-il dans un document rendu public ce mercredi.

• Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, avait déclaré vendredi dernier qu'il voulait "bâtir des ponts, pas des frontières" entre son pays et l'Irlande du Nord, rappelant son opposition à l'établissement d'une "frontière économique" entre les deux voisins après le Brexit.

©REUTERS

Dans le document publié mercredi, le gouvernement britannique prône une délimitation "sans infrastructure frontalière physique ni poste-frontière" en arguant que ses propositions soumises mardi en matière d'accords douaniers permettraient une libre circulation des marchandises.

"Les deux parties doivent faire preuve de souplesse et d'imagination dès lors qu'il s'agit de la question frontalière en Irlande du Nord", dit-on dans l'entourage du gouvernement britannique.

"Protéger le processus de paix est essentiel et cela ne doit pas devenir un élément de marchandage dans les négociations", a dit un porte-parole du gouvernement lors d'une conférence de presse.

"Ce sera un accord de contrebandier" a par contre lancé le sénateur de l'opposition irlandaise, Mark Daly.

Bruxelles n'a eu de cesse de répéter que la Grande-Bretagne ne devait pas s'attendre à bénéficier après le Brexit des mêmes avantages que ceux procurés par une appartenance à l'UE. Les responsables européens ont accueilli avec scepticisme mardi les propositions de Londres en matière douanière.Le Royaume-Uni a proposé aux Européens la mise en place d'un accord douanier provisoire après sa sortie effective de l'Union européenne afin de garantir la plus grande liberté possible de commerce des marchandises.

©REUTERS


Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content