Londres veut une transition douanière de 3 ans maximum après le Brexit

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Le gouvernement britannique voudrait garder ses privilèges douaniers avec l’Union européenne tout en se lançant dans des négociations commerciales avec d’autres États. Il imagine aussi la création de "douanes virtuelles" pour gommer de futures lourdeurs administratives aux frontières.

Le gouvernement britannique veut une transition avant d’entrer dans le monde de l’après-Brexit. Jusqu’ici très silencieux sur ses objectifs de négociation avec l’Union européenne, il a publié mardi une note sur la manière dont il verrait se mettre en place un accord douanier dans les années qui précéderont la conclusion d’un accord complet sur la future relation économique, dans l’espoir que les entreprises ne sentent pas ou peu les effets du Brexit. Cette démarche est perçue comme le signe d’une victoire au sein du gouvernement de Theresa May des tenants d’une ligne douce menés par le ministre des Finances Philip Hammond.

Alors que le Brexit devrait intervenir en mars 2019, Londres espère une transition de trois ans maximum au cours de laquelle un partenariat douanier pourrait être établi – mais "ce sera probablement deux ans, peut-être moins", a dit le ministre du Brexit David Davis à la BBC.

Au cours de cette période, imagine Londres, il serait possible d’établir un nouveau partenariat douanier entre l’Union et le Royaume-Uni: les Britanniques se chargeraient de faire appliquer les exigences européennes pour les biens à destination de l’Union qui transiteraient par chez eux – et donc, notamment, de collecter les taxes au nom de l’UE. L’accord intermédiaire "serait aussi proche que possible des accords actuels", a résumé David Davis. Et cela, a poursuivi le ministre, au bénéfice des entreprises européennes: "On leur vend pour environ 230 milliards d’euros de biens et services par an, ils nous vendent pour 290 milliards", a-t-il souligné.

L’autre option serait de mettre en place un accord douanier "hautement rationalisé": utiliser la technologie pour réduire radicalement les nouvelles modalités administratives (des caméras de reconnaissance des plaques des camions de firmes "de confiance", par exemple).

Quelle que soit l’approche retenue – tout dépendra des négociations avec l’Union, souligne-t-on à Londres –, le gouvernement britannique entend utiliser la période de transition pour permettre à son ministre du Commerce (Liam Fox) de négocier de nouveaux accords commerciaux avec des pays tiers.

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Le négociateur en chef de l’Union, Michel Barnier, a réagi à cette communication par un tweet, mardi: "Plus vite le Royaume-Uni et les Vingt-Sept s’accorderont sur les citoyens, les comptes et l’Irlande, plus vite nous pourrons discuter douanes et futur de la relation." 


Les négociateurs se sont en effet entendus pour n’aborder la question du futur de la relation qu’après avoir conclu des avancées substantielles sur les éléments les plus sensibles du divorce à proprement parler espérées avant la fin de l’année. La sortie britannique sur la transition douanière est donc hors sujet pour l’instantMais ce document n’est que le premier d’une dizaine de papiers attendus au cours des trois prochains mois.

Le gouvernement May a par ailleurs publié un document sur la question irlandaise. "Nous avons des principes très clairs. Notre priorité est de s'entendre sur l'absence d'infrastructures frontalières qui seraient un retour aux postes-frontières du passé et est totalement inacceptable pour le Royaume-Uni", a écrit le ministère britannique chargé du Brexit dans un communiqué. Cela serait rendu possible soit par "un nouveau partenariat douanier", soit pas des "arrangements douaniers", qui pourraient inclure notamment la suppression de déclarations d'entrée et de sortie des biens et des accords commerciaux spécifiques à l'Irlande du Nord.

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