May précise ce qu'elle attend de la future relation commerciale avec l'UE

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La Première ministre britannique Theresa May veut le partenariat "le plus large et le plus approfondi possible" avec l'Union européenne après le Brexit, couvrant plus de domaines que tout autre accord commercial.

La Première ministre britannique Theresa May a reconnu ce vendredi que son pays n'aurait pas tout ce qu'il veut dans les négociations sur sa sortie de l'Union européenne, tout en plaidant pour un accord de libre-échange "le plus large possible". "Nous devons reconnaître que c'est une négociation et qu'aucun d'entre nous n'aura exactement ce qu'il veut", a dit May dans un discours prononcé à Londres pour définir sa vision de la future relation commerciale avec l'UE.

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Pour sa part, la dirigeante a dit vouloir un "accord couvrant plus de secteurs et avec davantage de coopération que n'importe quel accord de libre-échange dans le monde aujourd'hui". Toutefois, elle a admis qu'après avoir quitté le marché unique "la vie va être différente". "De certaines façons, nos accès à nos marchés réciproques seront différents de ce qu'ils sont maintenant".

La cheffe du gouvernement défend un accord de libre-échange différend de celui récemment signé entre l'UE et le Canada ou de la relation entretenue par la Norvège, membre du marché unique sans faire partie des 27. "Nous devons atteindre un nouvel équilibre. Mais nous n'accepterons pas les droits du Canada et les obligations de la Norvège", a-t-elle prévenue.

D'une part, le Canada, qui a noué un accord de libre-échange bilatéral en 2014. Il élimine la plupart des barrières douanières entre l'UE et le Canada et libéralise les appels d'offres. Cependant, certains produits agricoles jugés trop sensibles ne sont pas concernés et l'accord exclut la plupart des services, en particuliers financiers. Un modèle qui apparaît en effet comme peu approprié, étant donné que les liens commerciaux entre le Canada et l'UE sont bien plus faibles que ceux entre le Royaume-Uni et l'Union.

D'autre part, la Norvège, membre de l'Espace économique ­européen (EEE). Comme l'Islande et le Liechtenstein, la Norvège accède au marché intérieur européen, mais conserve sa souveraineté en matière de politique ­étrangère, de justice, d'agriculture et de pêche. Le pays doit se conformer aux règles du marché unique pour y avoir accès, mais sans avoir de vrai pouvoir d'intervention pour les influencer - les pays de l'EEE n'étant consultés que de manière informelle -, contribuer au budget européen et accepter la liberté de circulation ­des travailleurs. Une solution qui ne permet donc pas de reprendre le contrôle des flux migratoires européens vers le Royaume-Uni, un point essentiel de la campagne des pro-Brexit.

Theresa May a par ailleurs assuré que "les normes britanniques resteront au moins aussi élevées que celles de l'UE" et que le pays continuera à se plier à l'autorité de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pendant une période de transition "limitée" mais qu'ensuite Londres veut un "arbitrage indépendant".

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Cependant, la justice britannique pourra continuer de suivre les décisions de la CJUE à l'avenir. Sur les services financiers, May a affirmé qu'elle ne cherchait pas à conserver le "passeport financier" qui permet de vendre un produit financier dans l'ensemble de l'UE. Son ministre des Finances doit livrer davantage de détails la semaine prochaine.

"Si nous voulons un bon accès aux marchés l'un de l'autre, il faut que ce soit dans des conditions équitables. Comme pour tout accord commercial, nous devons accepter la nécessité d'engagements contraignants", par exemple dans les domaines des aides d'État et de la concurrence.

Négociations sur le Brexit: ce que l'on sait
  • La date de sortie de l'UE

Le Royaume-Uni quittera le bloc européen le 29 mars 2019, soit deux ans après avoir officiellement déclenché la procédure de divorce d'avec l'UE, et près de trois ans après le référendum du 23 juin 2016 qui a vu les Britanniques voter à 52% pour la séparation. Cette date ne pourrait être retardée qu'en cas d'accord entre le Royaume-Uni et les 27 autres États membres.

  • Les termes de la sortie

Londres et Bruxelles sont parvenus à un accord préliminaire en décembre sur les trois questions clés: la facture de sortie, les droits des citoyens européens et la frontière irlandaise. Mais cette dernière question a mis le feu aux poudres cette semaine, Londres estimant qu'un projet d'accord publié par Bruxelles "menacerait l'intégrité constitutionnelle du Royaume-Uni en créant une frontière douanière et réglementaire en mer d'Irlande".

"Aucun Premier ministre britannique ne l'acceptera", a déclaré Theresa May. Concernant les citoyens, il est stipulé que les droits des plus de trois millions d'Européens vivant au Royaume-Uni et du plus d'un million d'expatriés britanniques dans l'UE seraient préservés et qu'ils pourront réclamer le statut de résident permanent.

Ceux qui arriveront après le 29 mars 2019 n'auront toutefois pas tout à fait les mêmes droits, a prévenu Londres, ce que Bruxelles conteste. Enfin, le Royaume-Uni a accepté de continuer à contribuer au budget de l'UE jusqu'en 2020 et d'honorer tous les engagements pris. Ce qui correspondrait selon ses calculs à 40 à 45 milliards d'euros.

  • La période de transition post-Brexit

Lors d'un discours à Florence le 22 septembre 2017, Theresa May a réclamé le maintien des liens actuels avec l'UE pendant une période de transition de deux ans après le Brexit pour éviter un changement brutal des règles pour les citoyens et les entreprises. Les 27 ont approuvé fin janvier le principe "d'une transition statu quo", soit avec maintien de la libre circulation des biens, services et personnes mais lors de laquelle Londres n'aura plus son mot à dire sur les décisions de l'UE.

Elle courrait jusque fin 2020. Mais compte tenu des désaccords qui ont surgi depuis, cette période de transition "n'est pas acquise", a averti le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier.

  • La future relation commerciale

Le Royaume-Uni veut quitter le marché unique et l'union douanière pour pouvoir négocier ses propres accords commerciaux et mettre fin à la liberté de circulation des citoyens européens mais veut un accord de libre échange "le plus large possible", a dit May ce vendredi. Elle a toutefois admis qu'après avoir quitté le marché unique "la vie va être différente".

"Nous devons atteindre un nouvel équilibre", a-t-elle prévenu. Les négociations sur la future relation commerciale doivent débuter au printemps 2018. Sans accord, le Royaume-Uni se verrait appliquer les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de barrières douanières et tarifaires.

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