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May prolonge son sursis, nouvelle démission au sein de son gouvernement

©Photo News

Le "nouvel accord" de la Première ministre n’a guère convaincu ses députés et a peu de chances d’être voté au Parlement au début du mois de juin.

La manœuvre était habile, et l’emballage soigneux. Mais au-delà de la présentation de son "nouvel accord", mardi, Theresa May a, de nouveau, connu des heures très difficiles. Que ce soit au Parlement, devant les députés de son parti, et face à ceux de l’opposition. Ou au sein de son gouvernement, où plusieurs ministres majeurs (Jeremy Hunt, Sajid David) lui ont vertement reproché d’avoir proposé un second référendum sans tenir compte de leur avis.

Nouvelle démission

Dans la soirée, la ministre chargée des relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, a annoncé sa démission. Cette figure majeure du gouvernement, opposée à un second référendum, a déploré la "rupture complète de responsabilité collective" au sein du cabinet May.

Andrea Leadsom ©EPA

À deux semaines du vote sur cet accord - le quatrième en cinq mois -  et d’un autre vote sur la possibilité d’un second référendum pour valider ledit accord, il ne reste décidément plus beaucoup de forces politiques à Theresa May. Si ce n’est, peut-être, celles de l’incarnation de sa fonction de Première ministre et de l’intérêt supérieur de la nation.

Ce n’est pas du tout un hasard si l’intitulé de son discours de mardi était "Seeking common ground in parliament" (rechercher un terrain d’entente au Parlement).

Il faisait écho à la seule phrase jamais prononcée par la Reine depuis trois ans à propos du Brexit, et qui a été considérée comme un conseil savamment distillé. "Coming together to seek out the common ground" (se rassembler pour chercher un terrain d’entente) avait soufflé Elizabeth II, à la fin du mois de janvier.

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Déroute prévue pour les Tories aux européennes

 Avec ce "nouvel accord", Theresa May espère rassembler une majorité de députés europhiles ou eurosceptiques modérés au centre des deux principaux partis. C’est pour cela qu’elle a définitivement rompu avec les brexiters durs (Johnson, Rees-Mogg) depuis quelques semaines, et qu’elle compte sur les députés travaillistes moins eurosceptiques que Jeremy Corbyn. 

Le processus de succession de Theresa May est si avancé qu’il semble rendre secondaire la question de la résolution de la crise du Brexit.

 Mais pour les Tories, le processus de la succession de Theresa May est désormais si avancé qu’il semble rendre secondaire la question de la résolution de la crise du Brexit. Dans le même temps, comme un sinistre symbole, le Royaume-Uni ouvre, ce jeudi, le bal de ces élections européennes. Ses citoyens seront les premiers à s’exprimer, tout comme les Néerlandais.

Eurosceptiques

Il faudra attendre dimanche soir pour connaître le résultat des votes désignant les 751 députés qui représenteront les 512 millions de citoyens des 28 pays membres. Inexistant il y a deux mois, le parti du Brexit, créé par Nigel Farage, devrait nettement s’imposer face aux remainers, trop divisés, lors des élections européennes.

Sauf surprise, les eurosceptiques renforceront leur effectif à Strasbourg.

Sauf surprise, les eurosceptiques renforceront leur effectif à Strasbourg. En 2014, UKIP avait remporté le scrutin avec une courte avance (26,6% contre 24,4% pour le Labour), ce qui lui avait permis d’envoyer 24 représentants au Parlement (sur 73).

Le résultat de ce scrutin va encore un peu plus plomber la stratégie de sortie de crise de Theresa May, qui semble résolue à conserver le contrôle de la dernière chose qui lui reste: son agenda de sortie.

Mais la curée a commencé, et faire partir Theresa May le plus rapidement possible est désormais une obsession pour les Tories.

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