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May promet un vote au parlement pour le Brexit

La Première ministre britannique Theresa May a dévoilé sa feuille de route pour sortir son pays de l'Union européenne. "Mon job est de signer le meilleur accord possible." Elle admet que des compromis seront nécessaires. Après ces annonces, la livre britannique s'est envolée.
  • La livre sterling grimpe

    La promesse de la Première ministre Theresa May de soumettre l'accord final sur le Brexit à un vote du Parlement a eu un impact fort sur le marché des changes. La livre sterling , déjà en hausse de plus de 1% en réaction aux extraits du discours publiés plus tôt dans la presse, a porté son avance à 2,5% dans l'heure qui a suivi, à 1,2390 dollar , puis a atteint un pic à 1,2398 avant de revenir à 1,2371 vers 16h45, heure belge, en hausse de 2,7% sur la journée.

    La devise britannique, en baisse de près de 20% depuis le référendum, avait touché lundi un creux de 1,1983 dans la crainte d'un "Brexit dur", mais avait commencé à grimper après la publication d'extraits du discours de Theresa May mardi matin.

  • Les réactions

    "La clarté est dans l'intérêt de l'Europe et du Royaume-Uni" dans le cadre des négociations sur le Brexit, a indiqué le Premier ministre Charles Michel. "Il est essentiel que la Première ministre fixe le cap pour l'avenir de son pays", a-t-il commenté, en réitérant son plaidoyer pour un Brexit "loyal et intelligent", qui se concentrera sur les attentes des citoyens.

    Un "départ ordonné" est un "pré-requis" pour la future relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, a estimé le négociateur de la Commission européenne, Michel Barnier. "Ma priorité est d'obtenir le bon accord pour EU27 (les 27 Etats membres restants de l'UE, ndlr). #Brexit", a écrit, en anglais, Michel Barnier sur le réseau social Twitter.

    Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a qualifié de "plus réaliste" qu'auparavant le discours prononcé par Theresa May. "Triste processus, des temps surréalistes mais au moins une annonce plus réaliste sur #Brexit", a commenté M. Tusk, également sur son compte Twitter, assurant que l'UE à 27 était "unie et prête à négocier" dès que l'article 50 du traité de Lisbonne aura été déclenché.

    "Nous saluons le fait que la Première ministre britannique a esquissé aujourd'hui la vision de la sortie (de l'UE) de son gouvernement et a enfin apporté un peu de clarté quant aux plans britanniques", a dit Frank-Walter Steinmeier, le ministre allemand des Affaires étrangères, appelant aussi "à des relations aussi bonnes, étroites (...) que possible" une fois le Brexit formalisé.

  • Les étapes importantes du Brexit

    → Le calendrier

    Theresa May a promis d'activer l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui déclenchera la procédure de divorce, avant la fin mars. Les deux parties disposeront ensuite de deux années pour boucler les négociations de sortie, sauf si elles conviennent de prolonger ce délai. Le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit, le Français Michel Barnier, a déclaré vouloir parvenir à un accord avant les élections européennes de 2019.

    → L'immigration

    "Le Royaume-Uni est un pays ouvert et tolérant mais le message du peuple a été très clair: le Brexit doit permettre de contrôler le nombre d'Européens qui viennent au Royaume-Uni, et c'est ce que nous allons faire", a indiqué Theresa May. Elle a affirmé que son gouvernement chercherait à garantir les droits des citoyens européens déjà présents au Royaume-Uni si ceux des Britanniques qui vivent dans des pays de l'UE le sont aussi.

    → Le marché unique

    Le Royaume-Uni quittera le marché unique européen à l'issue des négociations sur le Brexit, a annoncé mardi Theresa May, levant les incertitudes qui planaient sur l'objectif du gouvernement britannique. "Ce que je propose ne peut pas signifier une appartenance au marché unique", qui nous empêcherait de négocier "nos propres accords commerciaux", a-t-elle déclaré. Theresa May a dit souhaiter un futur accord commercial "audacieux et ambitieux" et un accord douanier avec l'UE. "Que ce soit un accord douanier complètement nouveau, que nous devenions membre associé de l'union douanière d'une certaine manière, ou que nous restions signataires de certains de ses aspects, je n'ai pas d'a priori", a-t-elle encore précisé.

    →L'accord de transition

    L'article 50 portera uniquement sur le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE. Leurs relations futures, notamment commerciales mais aussi en matière judiciaire, devront faire l'objet d'autres négociations qui pourraient prendre de longues années. D'où l'idée d'un accord de transition qui permettrait d'éviter une sortie trop abrupte du giron européen, en particulier pour les entreprises, en attendant l'accord définitif. Theresa May a dit mardi souhaiter que le processus de sortie se fasse "par étapes". "Ce n'est dans l'intérêt de personne qu'il y ait une rupture trop brutale", a-t-elle souligné, tout en excluant "un statut transitoire sans limites" dans le temps.

    → L'économie britannique

    Alors que les scénarios les plus pessimistes prévoyaient un choc pour l'économie britannique dans la foulée du référendum du 23 juin, celle-ci a fait preuve de résilience, comme en attestent une série d'indicateurs récents, dont celui du chômage, stable à 4,8% fin octobre, et une prévision de croissance de 2,1% pour l'ensemble de 2016. Si l'activité britannique résiste jusqu'à présent, les pouvoirs publics et l'immense majorité des économistes s'attendent cependant à un net coup de frein pour 2017. Des difficultés qui pourraient aussi toucher le bloc des 27.

    → Le Parlement

    La Cour suprême britannique doit dire avant la fin du mois de janvier si Theresa May doit consulter le parlement avant de pouvoir activer l'article 50 du Traité de Lisbonne. Si la Cour statue que oui, le gouvernement sera obligé de présenter au Parlement un court projet de loi autorisant le lancement du Brexit, ce qui pourrait retarder le début des négociations. Bien qu'ils aient défendu en majorité un maintien dans l'UE lors de la campagne du référendum, les députés devraient adopter un tel projet de loi, de peur de s'attirer les foudres de leurs électeurs. Quoi qu'il arrive, le résultat des négociations de sortie sera soumis au Parlement, qui se prononcera par un vote, a annoncé mardi Theresa May. Son ministre chargé du Brexit a toutefois indiqué que si le Parlement rejetait la sortie de l'Europe, ça ne changerait en rien les plans du gouvernement.

  • Brexit quoi qu'il arrive

    David Davis, le ministre britannique chargé de mener à bien le Brexit, a expliqué que "si le Parlement rejette le deal sur la sortie du Royaume-Uni, ça ne change rien sur le fait que notre pays quittera l'Europe". 

  • Le discours de Theresa May en bref

    • Theresa May confirme la sortie du marché unique européen, mais veut signer un nouvel accord douanier avec l'UE.

    • Elle mise bien sur un Brexit "hard" au niveau du contenu, mais "soft" au niveau de la forme puisqu'elle espère que ça se fasse "par étapes".

    • Elle a établi 12 priorités.

    • L'accord final sur le Brexit sera soumis au vote du parlement britannique, ce qui a fait remonter la livre sterling.

  • Ne pas punir le Royaume-Uni

    "Mon job est de signer le meilleur accord possible", a-t-elle ajouté estimant que "le succès de l'UE est dans l'intérêt du Royaume-Uni".

    "J'ai confiance que nous sommes sur la bonne voie (...) J'ai confiance que nous allons signer un bon accord, car nous avons énormément à offrir à l'UE." Theresa May met également en garde l'UE contre toute volonté de punir le Royaume-Uni. Un accord qui serait "punitif" serait "un acte calamiteux qui lui nuirait à elle-même", a-t-elle dit.

    Elle a également ajouté qu'"aucun accord sur le Brexit serait préférable à un mauvais accord pour le Royaume-Uni".

  • L'immigration comme motivation

    Pour la Première ministre, un maintien dans le marché unique de 500 millions de consommateurs était incompatible avec la priorité N°1 de Londres: la maîtrise de l'immigration européenne qui passe par la fin du principe de libre-circulation des travailleurs européens.

    "Le Royaume-Uni est un pays ouvert et tolérant mais le message du peuple a été très clair: le Brexit doit permettre de contrôler le nombre d'Européens qui viennent au Royaume-Uni", a-t-elle souligné.

    Lors du référendum du 23 juin 2016, 52% des Britanniques avaient voté pour une sortie de l'UE et beaucoup ont cité le contrôle de l'immigration comme principale motivation.

  • Les 12 objectifs de Theresa May

    1. Éviter au maximum l'incertitude

    2. Prendre des lois à Westminster, Edimbourg, Cardiff et Belfast

    3. Renforcer l'union entre les pays du Royaume-Uni et cela impliquera des pouvoirs décentralisés

    4. Mettre en place une solution pratique pour le maintien de la "zone commune de voyage" avec l'Irlande

    5. Contrôler l'immigration, notamment des Européens qui veulent rentrer en Grande-Bretagne

    6. Garantir les droits des citoyens européens en Grande-Bretagne et les droits des Britanniques dans les autres États-membres

    7. Améliorer les droits des travailleurs

    8. Signer un accord de libre échange audacieux et ambitieux avec l'Union européenne

    9. Signer de nouveaux accords commerciaux avec les pays du reste du monde

    10. Continuer de collaborer avec nos partenaires européens pour la science et l'innovation et renforcer la position de la Grande-Bretagne dans ce domaine

    11. Coopérer avec l'UE en matière de lutte contre le terrorisme

    12. Mettre en place un Brexit "par étapes" pour éviter un changement trop brutal

    ©AFP

  • Le Brexit signifiera la sortie du marché unique

    La chef du gouvernement britannique a déclaré que son projet pour le Brexit excluait le maintien du Royaume-Uni au sein du marché unique européen. "Au lieu de cela, nous chercherons le meilleur accès possible grâce à un nouvel accord de libre-échange global, audacieux et ambitieux", a-t-elle indiqué.

     Concrètement, Theresa May souhaite un nouvel accord douanier entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, qui pourrait passer par la conclusion d'un accord complètement nouveau ou intégrer des éléments d'accords existants. "Nous n'allons pas chercher à rester membre du marché unique mais nous allons chercher à avoir le plus grand accès possible", a-t-elle développé, alors que 44% des exportations britanniques sont allées vers l'UE en 2015.

    "Je veux que le Royaume-Uni soit en capacité de fixer son propre objectif tarifaire à l'OMC, ce qui signifie que nous pourrions conclure des accords de libre-échange non seulement avec l'UE mais aussi avec nos amis et alliés hors d'Europe."

    "Ce ne sont pas les moyens qui importent pour arriver à ce nouvel accord, mais la finalité. Et la finalité est claire: Je veux supprimer autant de barrières au commerce que possible."Il est temps pour la Grande Bretagne de s'ouvrir au reste du monde et de redevenir un grand pays qui a sa place dans le commerce mondial."

  • L'accord sera soumis au Parlement

    L'accord final sur le Brexit sera soumis au vote du parlement britannique.
    Theresa May

  • Quitter l'UE, mais pas l'Europe

    "Il faut profiter du Brexit pour décider quel pays nous voulons être", a commencé Theresa May dans son discours. "Je veux que nous soyons un pays grand et un pays d'envergure mondiale respecté à travers le monde."

    "Beaucoup de personnes pensent que nos liens avec l'Union européenne se font aux dépends du reste du monde."

    Elle estime que l'Union européenne est trop étriquée pour la Grande-Bretagne. "Nous sommes un pays européen et fier de l'être", mais "nous voulons voyager, faire du commerce et étudier dans d'autres pays, au-delà des frontières de l'Europe."

    "Ce référendum n'était pas une décision pour se replier sur soi, mais pour devenir une Grande Bretagne d'envergue mondiale."

    La décision de quitter l'UE n'est pas liée à un désir de s'éloigner des valeurs de l'UE, a également déclaré Theresa May. "Nous quittons l'Union européenne, mais nous ne quittons pas l'Europe."

  • Vers quel Brexit allons-nous?

    Floue jusque-là sur le Brexit, la Première ministre britannique Theresa May devrait défendre une rupture "claire et nette" avec l'Union européenne (UE) mardi à Londres lors d'un discours très attendu.

    Une nouvelle relation

    "Nous voulons un nouveau partenariat équitable (...) pas un statut de membre partiel ou associé de l'UE, qui nous laisserait à moitié dedans ou à moitié dehors", doit dire Mme May selon des extraits diffusés par Downing Street. "Nous ne cherchons pas à adopter le modèle d'autres pays. Nous ne cherchons pas à nous accrocher à des bouts d'appartenance à l'UE au moment de partir", doit ajouter la Première ministre.

    Un Brexit hard

    Mme May devrait ainsi annoncer le prochain retrait du marché unique, de la Cour européenne de justice et, de manière moins explicite, de l'union douanière européenne, dans le but de reprendre le contrôle de l'immigration européenne.

    Ces anticipations renforcent les craintes des investisseurs qui redoutent un tel scénario: la livre sterling a reculé lundi à son plus bas niveau depuis 32 ans (hormis l'épisode du "flashcrash" d'octobre).

    Rester ouvert sur le monde

    La cheffe du gouvernement conservateur doit insister sur la construction d'un Royaume-Uni "ouvert sur le monde" qui signe ses propres accords commerciaux avec des pays du Commonwealth, les géants asiatiques et les Etats-Unis. Elle a reçu dimanche le soutien enthousiaste du président élu américain Donald Trump, qui a annoncé au Times vouloir conclure "très rapidement" un tel accord. Mais Mme May risque de se heurter à l'intransigeance des autres leaders européens, la chancelière allemande Angela Merkel en tête, qui refusent une "Europe à la carte".

    ©Photo News

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