Nigel Farage fait une croix sur les élections britanniques

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Nigel Farage ne siégera pas au Parlement britannique à l'issue des élections anticipées du 12 décembre prochain. Il reste toutefois pleinement engagé dans son parti qui récolte selon les derniers sondages environ 10% des intentions de vote, de quoi peser sur les débats entourant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Il n'y aurait pas de huitième tentative pour Nigel Farage. Après sept participations infructueuses aux législatives, le fondateur du "Parti du Brexit" renonce à s'engager aux élections prévues le 12 décembre prochain au Royaume-Uni. 

A 55 ans, cet ancien trader ne quitte pas pour autant son costume de perturbateur de la vie politique au Royaume-Uni. Il a décidé de faire campagne pour son parti, le "Parti du Brexit", mais surtout contre l'accord sur le Brexit négocié par Boris Johnson avec les Européens. "J'ai longtemps réfléchi à la meilleure façon d'utiliser le Brexit. Est-ce que je vais prendre un siège au Parlement ou dois-je servir la cause en soutenant 600 candidats dans tout le Royaume-Uni? J'ai décidé que cette dernière option est la meilleure", a expliqué Nigel Farage dans l'émission dominicale de la BBC, l’"Andrew Marr Show".

Trump en soutien 

Cette annonce est à première vue surprenante tant cet expert en coups médiatiques est parvenu à utiliser, depuis 1999, son siège au Parlement européen pour diffuser ses idées europhobes au Royaume-Uni. Mais ce pas de côté est aussi destiné à rendre encore plus visible son "Parti du Brexit", favorable à un Brexit dur et actuellement crédité du quatrième score sur l'échiquier britannique avec environ 10% des intentions de vote.  

Le Parti du Brexit est même crédité de 12% des intentions de vote dans un sondage ORB publié ce dimanche par le Sunday Telegraph et pourrait jouer les trouble-fête pour les conservateurs de Boris Johnson, donnés en tête à ce stade.

Depuis que Boris Johnson est parvenu à convoquer de nouvelles élections, le chef du "Parti du Brexit" a mis au défi le Premier ministre de le rejoindre pour une grande alliance du camp du "leave". Et même si son offre a été rejetée par les conservateurs, il a trouvé un soutien de poids qui lui a offert un nouveau coup médiatique au moment de lancer sa campagne : son "ami" Donald Trump, avec lequel il a longuement bavardé jeudi au téléphone dans son émission sur la radio LBC. "J'aimerais vous voir vous mettre avec Boris, parce que vous feriez un bon score", a en effet lâché le président américain.  

Élément perturbateur 

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Malgré ses sept tentatives avortées d'entrer au Parlement britannique, Nigel Farage a enregistré une série de succès électoraux ces dernières années dont le dernier en date est la première place obtenue par son parti aux Européennes en mai. Un parti fondé trois mois plus tôt. Ce coup réussi rappelait alors la première grande consécration au Royaume-Uni pour Nigel Farage en 2014 lorsque l'UKip remporte les élections européennes. Nigel Farage est alors en pole position pour livrer la bataille en faveur d'un Brexit à l'occasion du référendum organisé deux ans plus tard.  

En décembre prochain, il compte donc bien jouer pleinement son rôle d'élément perturbateur. D'autant plus que ces élections, les premières organisées en décembre depuis 1923, s'annoncent imprévisibles et chaque alliance, que ce soit dans le camp des pro-Brexit ou des anti-Brexit, peut radicalement changer la donne après quatre années de crise politique.

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