Nouveau revers pour Boris Johnson

"Stop the coup": la suspension du Parlement a fait descendre dans la rue des centaines de manifestants. ©AFP

La suspension du Parlement britannique par le gouvernement Johnson est "illégale", juge une cour écossaise. C'est une première victoire judiciaire pour les opposants à cette prorogation très controversée.

La suspension du Parlement britannique jusqu'au 14 octobre a suscité beaucoup de critiques. Pour ses détracteurs, cette mesure vise à empêcher le Parlement de jouer son rôle dans le processus du Brexit. Et pour cause, les députés britanniques ne pourront revenir en séance que deux petites semaines avant la date du Brexit, fixée au 31 octobre. Mais le gouvernement de Boris Johnson, s'estimant dans son droit, n'a pas reculé, malgré les actions en justice entreprises par plusieurs députés. 

Jusqu'ici, la justice britannique avait donné raison à Boris Johnson. Mais ce mercredi, une cour écossaise a rendu un jugement qualifiant d'illégale cette suspension. En première instance, la justice écossaise avait rejeté l'action intentée par près de 80 parlementaires pro-européens pour bloquer cette suspension. Finalement, la cour d'appel d'Edimbourg a estimé que cette décision avait "pour but d'entraver le Parlement" et a déclaré la prorogation "illégale" et "nulle et sans effet".

Le gouvernement britannique s'est dit "déçu" de cette décision et a immédiatement annoncé qu'il formait un recours contre cette décision auprès de la Cour suprême à Londres.

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Victoire symbolique

Cette décision de justice change-t-elle la donne? Pas vraiment. On l'a vu, la perspective de cette suspension n'avait pas empêché les députés britanniques d'infliger plusieurs revers à Boris Johnson. La semaine dernière, en moins de 48h, ils avaient voté une loi repoussant de trois moins le Brexit si aucun accord n'était trouvé avec l'UE d'ici au 19 octobre. Et lundi, quelques heures avant la mise à l'arrêt de leur assemblée, ils avaient mis en échec pour la deuxième fois en quelques jours la proposition du Premier ministre britannique d'appeler les électeurs aux urnes le 15 octobre pour obtenir une nouvelle majorité et retrouver une marge de manoeuvre. 

Si le recours du gouvernement britannique était rejeté par la Cour suprême, la suspension du Parlement pourrait prendre fin. Mais il s'agirait davantage d'une victoire symbolique pour les opposants à Johnson qu'un changement significatif dans le processus d'un Brexit dont l'issue reste, suspension du Parlement ou pas, toujours aussi incertaine.

Ironiquement cependant, sur le plan électoral, si la justice ordonnait une reprise des travaux du Parlement, il pourrait s'agir d'un cadeau empoisonné pour l'opposition. Cette dernière aurait alors du mal à justifier son refus d'aller aux élections. On imagine que Boris Johnson ne manquerait pas de la torpiller sur ce point, Jeremy Corbyn et le Labour ayant dans un premier temps plaidé pour des élections anticipées, avant de faire volte-face dans le but piéger le Premier ministre britannique qui venait d'annoncer son intention de suspendre le Parlement. 

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