Plus de 3.500 Britanniques devenus Belges depuis 2016

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À l’approche de la date du Brexit, le 31 octobre, de plus en plus de Britanniques veulent devenir Belges. Parmi eux, de nombreux fonctionnaires européens. Ils sont plus de 3.500 aujourd'hui et devraient être plus de 4.000 au 1er novembre à avoir fait le grand saut.

Depuis le référendum sur le Brexit en juin 2016, pas moins de 3.454 Britanniques ont demandé et acquis la nationalité belge au 31 mai de cette année, selon les derniers chiffres de Statbel, l'office belge de statistique.

Boris Johnson, Premier ministre britannique. ©Photo News

Le phénomène a connu une croissance importante depuis la fin de l’année 2018, en raison de l’approche de la date du Brexit prévue initialement au 29 mars. Cette année, une moyenne de 119 Britanniques par mois ont demandé et obtenu la nationalité belge, contre 82 par mois en 2018.

La perspective de voir arriver le Brexit nourrit les craintes des sujets de Sa Majesté. En juin 2016, à peine 22 d’entre eux furent séduits par la nationalité belge.

Plus de 4.000 le jour du Brexit

Statbel ne dispose pas encore de chiffres pour le temps écoulé depuis mai. Si la tendance amorcée depuis de début de l’année est inchangée, ils seront plus de 4.000 Britanniques à avoir demandé et obtenu la nationalité belge au 31 octobre, la date prévue pour le Brexit.

Parmi eux, de nombreux fonctionnaires européens ont choisi la nationalité belge afin de conserver leur emploi après le Brexit. Les statuts des employés des institutions européennes imposent que ceux-ci soient ressortissants d’un des États membres de l’UE.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait encouragé l’an dernier les autorités belges à être "généreuses" avec les fonctionnaires européens de nationalité britannique demandant à devenir Belges. "Ils le méritent", avait dit le Luxembourgeois. Ils seraient plus de 2.000 Britanniques à travailler au sein des institutions européennes, dont un peu moins de 1.200 pour la Commission. Quelques journalistes britanniques ont aussi fait le pas. 

La peur du Brexit dur

De son côté, le gouvernement de Boris Johnson ne fait rien pour rassurer sur la perspective, de plus en plus probable, d’un Brexit dur au 31 octobre. Selon le Guardian, les diplomates britanniques auraient reçu l’ordre de se retirer des structures de décision de l’Union européenne dans les jours à venir.

Le Royaume-Uni cesserait d’assister aux réunions quotidiennes des institutions européennes pour bien insister sur la réalité d’un Brexit le 31 octobre prochain.

"Londres ne se soucie plus que de sa stratégie de communication, qui est d’entretenir la peur du Brexit."
Une source européenne

Au plus haut niveau, pourtant, les dirigeants britanniques continuent à manifester leur intention d’être présents aux réunions futures, comme la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Helsinki fin août et le sommet européen de mi-octobre.

Boris Johnson multiplie les initiatives de ce type pour garantir, face aux citoyens, la réalité du Brexit. "Londres ne se soucie plus que de sa stratégie de communication, qui est d’entretenir la peur du Brexit", dit une source européenne. Au risque de saboter la réputation du Royaume-Uni dans le reste de l’Europe.

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