Portes ouvertes pour les travailleurs européens après le Brexit

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Le Home Office envisage de laisser les citoyens européens entrer librement sur son territoire après le Brexit. Les quotas de permis de travail seraient fixés en accord avec les entreprises.

Le gouvernement britannique est prêt à une concession majeure pour l’après-Brexit, qui consisterait à autoriser les ressortissants de l’Union européenne à venir vivre et chercher un travail au Royaume-Uni sans avoir besoin de faire une demande de visa. Les permis de travail seraient délivrés à la demande des entreprises embauchantes, et en fonction des besoins secteur par secteur.

Ce projet a été dévoilé dans les heures qui ont suivi la publication du document sur la frontière ultra-light entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, où le principe de libre circulation était retenu. Le même principe serait appliqué dans l’ensemble des ports et aéroports britanniques. Les détails seront présentés dans les semaines à venir.

Le Royaume-Uni met ainsi toutes les chances de son côté pour maintenir les avantages du marché unique. Cette concession potentielle, la plus importante depuis le référendum de juin 2016, sera en tout cas un élément clé des négociations sur les accords commerciaux avec l’Union européenne, prévu cet automne au plus tôt. Le degré d’ouverture aux travailleurs européens, fixé par quotas, pourrait dépendre de ce que Bruxelles accordera à Londres dans les discussions sur le marché unique. La marge de manœuvre est réelle, puisque le principal élément de blocage du côté de l’Union européenne était justement le souhait de Londres de mettre fin à la libre circulation.

Satisfaire Bruxelles sans trahir les Brexiters

Jusqu’à présent, Theresa May a maintenu un positionnement dur sur l’immigration, qui a été la première motivation des Brexiters. Cet engagement vis-à-vis des électeurs était considéré comme plus important que le maintien au sein du marché unique. Au fil des mois, des courants contraires sont apparus, puis se sont renforcés, à la fois au sein de son gouvernement (notamment par la voix du ministre de l’économie Philip Hammond) et dans certaines franges du parti tory et de l’opposition travailliste.

Taxe spéciale

Entretemps, les entreprises ont émis des signaux alarmants sur les difficultés pour recruter des petits et des grands talents. En laissant les portes ouvertes aux citoyens européens, mais en s’arrogeant la mainmise, au moins symbolique, sur les quotas de permis secteur par secteur, le gouvernement maintiendrait la dynamique économique à laquelle l’immigration a fortement contribué depuis une quinzaine d’années, et permettrait de ne pas trahir les Brexiters qui souhaitent davantage de contrôle.

Parmi les idées à l’étude, l’introduction d’une taxe spéciale pour les entreprises qui embaucheraient des Européens dans des secteurs qui ne souffrent pas de pénurie de main-d’œuvre. Une période probatoire de quatre ans pour les nouveaux arrivants européens souhaitant bénéficier de la sécurité sociale est également en réflexion.

Sous ce régime intermédiaire, les Européens ne bénéficieraient donc que d’une liberté de circulation artificielle puisqu’ils n’auraient guère de droits en comparaison des Britanniques et des citoyens européens arrivés avant le Brexit. Londres devra donc se montrer encore un peu plus convaincante pour signer des accords commerciaux qui limiteront l’impact de la sortie du marché unique.

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