"Pour eux, le Brexit est une balle dans un revolver" (Guy Verhofstadt)

Le président du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt ©EPA

Les députés européens ont sévèrement critiqué le rejet de l'accord sur le Brexit, voté la veille par le Parlement britannique. Le chef de file des libéraux, Guy Verhofsadt, a dénoncé le désaccord entre les deux principaux partis britanniques. "Pour eux, le Brexit est une balle dans un revolver", a-t-il dit.

"Le vote d'hier soir prolonge et aggrave une incertitude majeure créée il y a trois ans par la décision souveraine du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne", a averti ce mercredi Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, à Strasbourg devant des députés européens alarmés par le rejet de l'accord sur le Brexit.

"Le risque de no-deal n'a jamais été aussi grand", a-t-il insisté.

Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier ©AFP

Michel Barnier a regretté le rejet de l'accord de la dernière chance conclu lundi soir à Strasbourg avec la Première ministre britannique Theresa May. "Nous sommes allés jusqu'au bout de ce que nous pouvions faire, avec un souci permanent, celui d'avoir la paix et la stabilité sur l'île d'Irlande", a-t-il dit.

Pour la première famille politique du parlement, le PPE, les jeunes Britanniques seront les premières victimes du Brexit. "Toute une génération va souffrir à cause de ce qui s'est passé", a affirmé le chef de file du PPE, Manfred Weber, "le temps file, le temps nous échappe, j'espère que lors du prochain sommet européen, les Britanniques nous diront ce qu'ils vont faire".

"Le Brexit est une catastrophe", a lâché Hans-Olaf Henkel, vice-président des conservateurs et réformistes (ECR), le groupe de la N-VA et des députés britanniques majoritairement favorables au Brexit. "il faut un deuxième référendum sur le Brexit" et "proposer une prolongation" pour faire en sorte que le "Royaume-Uni reste dans l'UE car l'UE ne sera jamais parfaite sans le Royaume-Uni", a-t-il proposé.

"C'est un peu facile de nous faire la leçon", lui a répliqué Guy Verhofstadt (ADLE), le président des libéraux et négociateur du Brexit pour le Parlement européen, "c'est votre groupe qui est responsable du Brexit. Et je n'en vois même pas les membres à vos côtés."

"Attendre n'est plus une option" (Lamberts)

L'ancien Premier ministre belge a appelé les deux principaux partis politiques britanniques, les Travaillistes et les Conservateurs, à s'entendre pour sortir de l'impasse. "Le Brexit est utilisé par les deux partis pour s’entre-tuer. Pour eux, le Brexit est une balle dans un revolver", a-t-il dit.

"Je ne veux pas de prolongation. Aller au-delà des élections européennes signifie qu'on ne parlera que du Brexit", a ajouté Guy Verhofstadt, "vous voulez qu'on donne un nouveau mandat à Monsieur Farage? Pour qu'il puisse avoir un nouvel emploi, transférer ses sociétés offshore et poursuivre son travail sale dans l'UE, détruire l'Union européenne?".

Le coprésident des Verts Philippe Lamberts ©EPA

Le coprésident des Verts Philippe Lamberts a invité l'Union européenne a revenir à ses priorités. "Que ce sujet arrête d'être une distraction. Attendre n'est plus une option, c'est la volonté de ceux qui se présentent leaders mais ne sont que des followers".

"Qui va payer la facture de l'absence d'accord? Les citoyens de l'Union, les citoyens britanniques", a regretté Gabriele Zimmer (GUE).

"Nous ne voulons plus être dirigés par vous" (Farage)

©AFP

"J'espère que je ne reviendrai pas en juillet" a dit le leader d'extrême droite Nigel Farage (Ukip), un des pères du Brexit, "il est clair que le 29 mars nous devrons partir, avec ou sans accord".

"Nous ne voulons plus être dirigés par vous", a-t-il affirmé, dénonçant "les aigreurs de Guy Verhofstadt" et "les insultes de Donald Tusk, le président du Conseil".

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