Que peut espérer Theresa May de sa rencontre avec Jean-Claude Juncker ce mercredi?

Jean-Claude Juncker et Theresa May se retrouve pour "une discussion amicale", selon le président de la Commission qui n'attend "pas de percée". ©REUTERS

La Première ministre britannique Theresa May est à Bruxelles ce mercredi. But du déplacement: "faire le point" sur le dossier du Brexit avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

La Première ministre britannique Theresa May rencontre ce mercredi soir à Bruxelles le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Ils se réuniront à 18h30 au siège de la Commission. 

Vers un report de la date du Brexit? 

Pour l'exécutif européen, cette rencontre doit servir à faire le point sur le Brexit, dont la date officielle est toujours programmée pour le 29 mars prochain. Il s'agira surtout d'accorder les violons des deux futurs ex-partenaires. Car à en croire le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, "l'UE à 27 ne rouvrira pas l'accord de retrait. Nous n'accepterons aucune limite de temps sur le 'backstop' ou la clause unilatérale de sortie". Une position qui appuie un peu plus le scénario d'un divorce sans accord.  

Côté britannique, le porte-parole de Theresa May a pourtant réaffirmé que le Royaume-Uni cherchait toujours à rouvrir l'accord de retrait. Dans cette optique, a-t-il poursuivi, la rencontre de mercredi avec Juncker sera "significative". Un optimisme que ne partage visiblement pas le président Juncker. Pour lui, le rendez-vous du jour sera l'occasion d'avoir "une discussion amicale, mais je n'attends pas de percée". 

Ce mercredi, un diplomate européen, sous couvert d'anonymat, s'est montré un peu plus précis sur l'agenda des prochaines semaines. Selon lui, le Royaume-Uni a jusqu'à la mi-mars au plus tard pour parvenir à conclure avec l'Union européenne un accord sur le Brexit qui puisse être approuvé lors du Conseil européen des 21 et 22 mars. A défaut de trouver un accord, le gouvernement britannique devra reporter la date de sa sortie de l'UE ou quitter le bloc communautaire sans accord, a ajouté ce diplomate. 

Quid de la frontière entre les deux Irlande? 

©REUTERS

Pour l'entourage de Theresa May, l'escapade bruxelloise de ce mercredi doit servir à obtenir des modifications juridiquement contraignantes au "backstop", ce dispositif censé garantir en dernier recours qu'il n'y aura pas de rétablissement d'une frontière physique entre la République d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord.

Cette clause cristallise les critiques des Brexiters et bloque de fait la ratification de l'accord de retrait par la Chambre des communes. Pour rappel, le texte négocié avec l'UE et entériné fin novembre par les dirigeants des Vingt-Sept a été rejeté par 432 voix contre 202 le 15 janvier dernier au parlement britannique.

Pour le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, des changements contraignants au "backstop" sont la "seule voie" pour éviter un Brexit dur. Pour le ministre Hunt, il revient à l'UE d'accepter "un changement simple mais important" au filet de sécurité pour que la Royaume Uni puisse avoir la garantie qu'il ne se retrouvera pas indéfiniment coincé dans une union douanière avec l'Union européenne. "Si nous pouvons faire ce changement, alors nous sommes confiants en notre capacité à faire passer l'accord" au Parlement, a-t-il dit lors d'un discours tenu ce mercredi à Berlin.

Des élections européennes au Royaume-Uni? 

Ça bouillonne donc dans les deux camps. 

Cette semaine encore, Jean-Claude Juncker, signalait que si le gouvernement britannique demandait une extension des discussions sur le Brexit, personne en Europe ne s'y opposerait. Selon lui, personne en Europe ne s'opposerait à un report du Brexit. Un tel allongement n'est pas à l'ordre du jour de l'autre côté de la Manche. Le secrétaire d'Etat au Brexit Martin Callanan signalait ce mardi que le Royaume-Uni ne participerait pas aux élections européennes de mai prochain car il aurait alors quitté l'Union européenne le 29 mars.

Le ministre britannique du Brexit, Stephen Barclay, doit également se rendre à Bruxelles en milieu de semaine pour de nouvelles discussions avec le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier

 

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