Theresa May demande aux députés "une seconde chance" pour l'accord sur le Brexit

Theresa May a tenté une dernière fois de convaincre les députés que l'accord négocié avec la Commission était la meilleure formule pour quitter l'Europe dans deux mois et demi. ©AFP

Theresa May se dit toujours déterminée à voir son pays sortir de l'UE le 29 mars à minuit. Mais la Première ministre a prévenu que le Royaume-Uni pourrait devoir renoncer au Brexit si le parlement britannique rejette ce mardi le texte négocié avec l'Europe.

Il y a un peu plus d'un an, Theresa May avait garanti aux parlementaires britanniques qu'ils allaient avoir le dernier mot avant la signature de l'accord négocié avec les Européens. Le moment est venu. Ce mardi les membres de la Chambre des Communes se prononceront une dernière fois sur le texte de l'accord. 

"Je le dis aux élus de tous bords de cette chambre: quoi que vous ayez décidé, je vous prie, au cours des 24 heures qui viennent, de donner une seconde chance à l'accord."
Theresa May
Première ministre britannique

A la veille du vote, Theresa May est revenue à la charge devant les parlementaires. Passant en revue les dernières garanties apportées par les Européens ce lundi matin (voir ci-dessous), elle a surtout tenté de convaincre les députés de "jeter un nouveau regard" sur l'accord avant de se prononcer, de lui donner "une seconde chance". Il faut dire qu' ils sont nombreux au parlement à vouloir rejeter la formule du Brexit sur la table, à savoir les conservateurs du parti de Theresa May les plus hostiles à l'UE, l'opposition travailliste qui ne semble pas disposée à faire le moindre cadeau et les partisans du maintien qui plaident de plus en plus vivement en faveur d'un arrêt pur et simple de la procédure de retrait.

La cheffe du gouvernement britannique a ainsi clairement signalé aux députés qu'il n'était pas question pour elle de demander un report du Brexit. Le vote sur l'accord de Brexit, initialement prévu le 11 décembre a été reporté pour tenter de fournir les nouvelles garanties reçues ce lundi de la part des Européens et de convaincre les députés réticents. Theresa May a averti ces derniers que leur choix "pourrait entraîner à terme une dislocation pure et simple du Royaume-Uni". "Je le dis aux élus de tous bords de cette chambre: quoi que vous ayez décidé, je vous prie, au cours des 24 heures qui viennent, de donner une seconde chance à l'accord", a conclu la Première ministre. 

Un "coup de pouce" de l'Europe pour May

A un jour du vote au Parlement britannique sur le Brexit, Theresa May a donc reçu du "soutien" de la part des Européens. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, ont réaffirmé dans une lettre leurs engagements, comme de ne pas avoir à activer la clause de sauvegarde ("Backstop") sur la frontière irlandaise. Pour rappel, cette option de dernier recours, décriée par les Brexiters, doit éviter le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord si aucune solution alternative n'était trouvée à l'issue d'une période de transition. 

Le Conseil européen avait déjà indiqué que si le "Backstop" devait être déclenché, il ne serait appliqué que de manière temporaire. Pour rassurer les Britanniques sur le poids de cette considération, Juncker et Tusk ajoutent dans leur lettre que "les conclusions du Conseil européen ont valeur légale". Ce que le procureur général du Royaume-Uni a confirmé dans la foulée. 

"Certains à Westminster voudraient repousser voire même arrêter le Brexit et ils utiliseront tous les moyens pour y parvenir."
Theresa May

Les deux présidents européens n'ont toutefois pas manqué de rappeler à Theresa May qu'ils n'étaient pas "en position d'accepter quoi que ce soit qui modifie ou est contradictoire avec l'Accord de sortie". En d'autres termes, l'Europe ne touchera plus au texte négocié avec les Britanniques et qui prévoit une sortie de l'Union européenne le 29 mars prochain. C'est sur ce texte que les parlementaires britanniques se positionnent ce mardi soir. Si le texte est recalé, le Royaume-Uni risque de quitter l'UE sans accord le 29 mars, un scénario redouté par les milieux économiques. Autre option en cas de rejet par les parlementaires, et c'est Theresa May qui le dit: "ne pas quitter du tout le bloc européen".

"D'importantes perturbations à court terme" en cas de "no deal"

Les partisans du maintien au sein de l'UE en nombre devant le parlement britannique. ©AFP

Dans un discours prononcé à l'occasion d'une visite dans une usine chinoise à Stoke-on-Trent, ville résolument pro-Brexit du centre de l'Angleterre, Theresa May s'est félicitée des "garanties" apportées par l'Europe, tout en reconnaissant qu'elles ne vont "pas assez loin" pour les parlementaires les plus récalcitrants.

En cas de rejet de l'accord par les députés, l'issue la plus probable serait "une paralysie du Parlement qui conduirait à un abandon du Brexit", a mis en garde la Première ministre. "Certains à Westminster voudraient repousser voire même arrêter le Brexit et ils utiliseront tous les moyens pour y parvenir", a-t-elle déclaré dans son discours. Evoquant l'autre hypothèse, celle d'une sortie de l'UE sans accord ("no deal"), elle a prévenu que cela entraînerait "d'importantes perturbations à court terme" et jugé que le meilleur moyen d'éviter un tel risque était de "voter en faveur de mon accord".

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