Theresa May expose sa vision du Brexit

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Discours très attendu de Theresa May ce mardi. La Première ministre britannique doit exposer sa stratégie pour les négociations à venir avec l'UE. Connaîtra-t-on enfin ses réelles intentions pour le Brexit?

La tendance serait à un Brexit "dur". Theresa May pourrait annoncer aujourd'hui le prochain retrait du marché unique, de l'union douanière européenne et de la Cour européenne de justice, dans le but de reprendre le contrôle de l'immigration européenne, la priorité n°1 de Londres.

       → A 12h45, elle prononce un discours devant les 27 ambassadeurs de l'Union européenne.

Jusqu'ici, la Première ministre britannique est restée très floue sur ses intentions. Le calendrier exact et les termes de la rupture restent incertains, les négociations avec l'UE n'ont pas débuté.

→ Que sait-on à ce stade?

· Le calendrier. La Première ministre conservatrice a décidé qu'elle activerait l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui déclenchera la procédure de divorce, avant la fin mars. Les deux parties disposeront ensuite de deux années pour boucler les négociations de sortie sauf si elles conviennent de prolonger ce délai.

Le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit, le Français Michel Barnier, a déclaré vouloir atteindre un accord avant les élections européennes de 2019.

· Immigration et marché unique. Londres veut pouvoir "retrouver" le contrôle de l'immigration en provenance de l'Union européenne et dans le même temps conserver l'accès au marché unique. Or ses partenaires européens ont prévenu que la liberté de circulation des biens, services et capitaux était liée à celle des personnes et que ce n'était pas négociable.
Pour la presse dominicale britannique, Theresa May va en conséquence poser mardi les jalons d'un "Brexit dur" avec retrait du marché unique, de l'union douanière européenne et de la Cour européenne de justice.

· Accord de transition. L'article 50 portera uniquement sur le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE.

Leurs relations futures, notamment commerciales mais aussi en matière judiciaire, devront faire l'objet d'autres négociations qui pourraient prendre de longues années. D'où l'idée d'un accord de transition qui permettrait d'éviter une sortie trop abrupte du giron européen, en particulier pour les entreprises, en attendant l'accord définitif.

·  L'économie en 2016. Alors que les scénarios les plus pessimistes prévoyaient un choc pour l'économie britannique dans la foulée du référendum du 23 juin, celle-ci a fait preuve de résilience, comme en attestent une série d'indicateurs récents, dont celui du chômage, stable à 4,8% fin octobre, et une prévision de croissance de 2,1% pour l'ensemble de 2016.

·  L'économie en 2017. Si l'activité britannique résiste jusqu'à présent, les pouvoirs publics et l'immense majorité des économistes s'attendent cependant à un net coup de frein pour 2017. Des difficultés qui pourraient aussi toucher le bloc des 27.

· Consulter le Parlement? La Cour suprême britannique doit dire avant la fin du mois de janvier si Theresa May doit consulter le Parlement avant de pouvoir activer l'article 50 du Traité de Lisbonne. S'ils statuent que oui, le gouvernement sera obligé de présenter au Parlement un court projet de loi autorisant le lancement du Brexit, ce qui pourrait retarder le début des négociations.

Bien qu'ils aient défendu en majorité un maintien dans l'UE lors de la campagne du référendum, les députés devraient adopter le projet de loi, de peur de s'attirer les foudres de leurs électeurs.

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