Theresa May ne convainc pas

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L'ultime pari de Theresa May sur le Brexit semblait condamné à l'échec ce mercredi, quelques heures à peine après que ses propositions de voter sur l'opportunité d'un second référendum et d'opter pour des relations commerciales plus étroites avec l'Union européenne ont été rejetées par ceux-là même que la Première ministre britannique tentait de rallier.

Theresa May a joué son va-tout. Et semble en passe de perdre son nouveau pari. Mardi, elle a consenti à ouvrir la porte à un second référendum sur l'accord de retrait passé avec l'Union européenne (WAB). 

Mais tant côté travailliste que dans son propre camp, le plan de la Première ministre britannique a fait long feu. "L'examen en seconde lecture proposé sur le WAB est clairement voué à l'échec, gaspiller davantage de temps sur les espoirs perdus de salut de la Première ministre ne fait donc aucun sens. Elle doit partir", a déclaré l'élu conservateur Andrew Bridgen. "Il est désormais évident que la majorité écrasante du parti, au Parlement, parmi ses militants et dans son électoral, est désormais d'accord: elle doit partir."

Elle (Theresa May, NDLR) doit partir.
Andrew Bridgen
élu conservateur

Du côté de l'opposition travailliste, pas question non plus de venir au secours de May. "Je pense sincèrement qu'il serait judicieux que la Première ministre renonce à mettre ce plan aux voix", a déclaré Keir Starmer, porte-parole du Labour pour le Brexit, au micro de la BBC. "Je pense franchement que la Première ministre ferait bien d'admettre sa défaite et d'annoncer aujourd'hui qu'elle ne mettra pas ce projet aux votes parce qu'il va clairement dans la mauvaise direction", a-t-il ajouté.

Le leader travailliste, à qui May avait adressé une lettre pour tenter de le convaincre de sa démarche, lui a opposé une fin de non-recevoir, refusant d'approuver une nouvelle offre qu'il considère comme une "resucée" de celle que son parti a rejetée la semaine dernière.

"Une question de temps"

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Pour sa part, le Parti unioniste démocrate (DUP) d'Irlande du Nord, dont May a besoin pour disposer d'une majorité absolue à la Chambre des communes depuis l'échec des législatives anticipées de juin 2017, a estimé dès mardi que les "erreurs fatales" de l'accord original n'avaient pas disparu. 

Theresa May souhaite soumettre ce projet de loi devant la Chambre des communes dans la semaine du 3 juin. Il n'est pas certain qu'elle puisse se maintenir au 10, Downing Street jusqu'à cette date. Selon Laura Kuenssberg, chef du service politique de la BBC, certains membres du Parti conservateur souhaitent en effet la pousser à la démission avant ce quatrième vote. 

"Une nouvelle initiative, lancée par Nigel Evans, a pour but de faire tomber la Première ministre pour qu'elle ne puisse pas présenter le projet de loi (...) La situation s'est détériorée dans la nuit pour May", écrit-elle sur Twitter. De nouveaux parlementaires conservateurs ont remis des lettres en ce sens à Graham Brady, le président du Comité 1922 qui regroupe les élus conservateurs.

Interrogée par la BBC, Priti Patel, partisane du Brexit et ex-secrétaire d'Etat au Développement international de Theresa May, a jugé qu'un départ du gouvernement sous la contrainte de la crise du Brexit n'était plus qu'une "question de temps". A la veille d'élections européennes qui risquent de tourner au désastre pour le Parti conservateur, l'impasse reste donc totale à Londres.

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