Theresa May promet un vote sur le Brexit d'ici au 12 mars

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A l'entame d'une nouvelle semaine importante dans la perspective du Brexit, la Première ministre britannique a réaffirmé sa volonté de quitter l'Union européenne avec un accord le 29 mars. Theresa May devrait d'ailleurs annoncer des progrès dans ses discussions avec ses homologues européens.

La Première ministre britannique Theresa May a promis dimanche qu'un vote sur le Brexit aurait lieu à la Chambre des communes d'ici au 12 mars. "Prolonger l'article 50 et différer le Brexit ne régleraient pas le problème mais ne feraient que le déplacer", a-t-elle ajouté.

Elle avait précédemment indiqué se laisser jusqu'à mardi pour trouver une issue sur le Brexit.

"Nous ne soumettrons pas un vote significatif au Parlement cette semaine mais nous nous assurerons qu'il aura lieu d'ici au 12 mars", a-t-elle dit aux journalistes l'accompagnant vers l'Egypte.

"Quitter l'Union européenne avec un accord le 29 mars est toujours à notre portée et ce c'est à quoi nous travaillons",a-t-elle ajouté, précisant que ses équipes seraient de retour à Bruxelles cette semaine pour de nouvelles discussions.

Theresa May a réaffirmé qu'elle pensait qu'il valait mieux quitter l'UE avec un accord que sans accord.

Le summum de l'irresponsabilité

L'opposition travailliste a aussitôt fustigé la stratégie de May. "La décision de repousser une nouvelle fois ce vote significatif est le summum de l'irresponsabilité", a commenté Keir Starmer, chargé du Brexit au sein du Parti travailliste.

"Theresa May joue la montre en toute inconscience dans une tentative désespérée de forcer les députés à choisir entre son accord (ndlr, celui qui a été négocié avec les Européens) et un "no-deal'", a-t-il poursuivi. "Le Parlement ne peut pas tolérer que cela se produise."

Dans ces conditions, plusieurs députés pourraient tenter de prendre la main sur le gouvernement, qui maîtrise l'ordre du jour des débats à la Chambre des communes. Mais les précédentes tentatives de ce genre, notamment des amendements défendus par la travailliste Yvette Cooper, ont fait long feu et les divisions qui s'affichent au sein même des grandes forces politiques du pays compliquent les calculs.

Trois députées conservatrices ont ainsi claqué la porte du parti Tory la semaine passée, dénonçant la mainmise des Brexiters sur leur famille politique. A gauche, neuf élus travaillistes ont quitté le Labour, fustigeant notamment ses errements sur la question du Brexit.

Des avancées concrètes

A moins de cinq semaines du Brexit le 29 mars, Mme May participe dimanche et lundi au sommet Union européenne-Ligue arabe à Charm el-Cheikh (Egypte), en marge duquel elle devrait s'entretenir avec des responsables européens, dont le président du Conseil européen Donald Tusk, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.

"Des progrès sont réalisés", a déclaré le ministre britannique de l'Environnement Michael Gove sur la BBC. "Le fait qu'elle se trouve à Charm el-Cheikh (...) lui offre une occasion de discuter avec d'autres dirigeants européens et d'essayer de faire des progrès supplémentaires".

Depuis le rejet massif de l'accord de Brexit par les députés britanniques en janvier, Theresa May tente de renégocier avec Bruxelles une nouvelle version du texte, sans y parvenir jusqu'à présent.

Elle souhaite obtenir des "changements contraignants" au "filet de sécurité" (ou "backstop" en anglais), une disposition décriée au Royaume-Uni censée garder ouverte la frontière en Irlande après le Brexit.

"Cela pourrait être une limite dans le temps, un mécanisme de sortie unilatéral", a estimé Michael Gove. "Cela pourrait être un autre protocole juridiquement contraignant ou une addition au traité, qui établisse clairement que nous ne serions pas liés indéfiniment au backstop contre notre volonté", a-t-il détaillé.

L'UE refuse de renégocier le traité de retrait, conclu en novembre après un an et demi de négociations, mais se dit ouverte à des discussions sur la déclaration politique l'accompagnant, un texte traçant les contours de sa future relation avec Londres.

Faisant entendre une voix dissonante au sein du gouvernement britannique, trois ministres ont plaidé samedi pour un report du Brexit si aucun accord de divorce n'est adopté par le Parlement dans les temps, s'opposant ainsi ouvertement à un Brexit sans accord.

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