Theresa May reprend son souffle avant de nouvelles batailles

©EPA

L'accord sur le Brexit offre un répit bienvenu... avant de nouvelles batailles, pour la Première ministre britannique Theresa May.

Après six mois compliqués où elle a parfois jonglé sur une corde raide, la Première ministre britannique Theresa May termine l'année sur un accord pour le Brexit, un répit bienvenu avant de nouvelles batailles.

La décision des dirigeants européens d'approuver vendredi l'ouverture d'une nouvelle phase de négociations avec le Royaume-Uni incluant la future relation commerciale était indispensable à Theresa May pour se maintenir à la tête du gouvernement.

Depuis qu'elle a perdu sa majorité absolue au Parlement aux législatives anticipées de juin dernier, son autorité est contestée.

Theresa May à la Chambre des Communes, mercredi. ©AFP


Mais l'accord obtenu à Bruxelles, "un pas important sur le chemin du Brexit" selon elle, a été salué pour une fois par l'ensemble de son parti, pourtant divisé sur le divorce avec l'UE entre partisans d'une coupure radicale et ceux d'une sortie en douceur.

Selon un sondage YouGov publié cette semaine par le Times, les Tories ont un point d'avance sur le Labour, parti d'opposition travailliste, avec 42% d'opinions favorables.

Theresa May est même parvenue à convaincre son petit allié gouvernemental nord-irlandais DUP de rallier l'accord. Inquiet des dispositions sur la frontière irlandaise, le parti unioniste s'était opposé à une première version du texte début décembre.

Questions épineuses

Mais mercredi, une défaite lors d'un vote au parlement sur un amendement lié au Brexit a rappelé à Theresa May l'étroitesse de sa marge de manoeuvre: onze députés conservateurs ont voté avec l'opposition pour exiger que le Parlement obtienne un vote final sur les termes du divorce.

Et la cheffe du gouvernement devra sans doute accepter un compromis avec son parti pour éviter un nouveau camouflet la semaine prochaine, lors du vote du texte fixant la date du Brexit, très contesté chez les Tories.

Par ailleurs, certaines questions épineuses n'ont pas encore été résolues. L'exécutif doit notamment définir clairement la future relation qu'il veut avoir avec le reste de l'UE, un sujet qu'il devrait aborder dès la semaine prochaine.

"Les dirigeants européens reconnaissent qu'elle est la moins pire option"
Tim Bale
Professeur de sciences politiques à la Queen Mary University de Londres


"Le gouvernement n'a pas encore arrêté ses exigences, et cela ne va pas être simple", estime Charles Grant, le directeur du centre de recherche Centre for European Reform (CER). "Quelles que soient ses demandes, l'Union Européenne va se montrer coriace", explique-t-il à l'AFP, en prédisant "une crise importante".

"Les dirigeants européens reconnaissent qu'elle est la moins pire option - s'il devait y avoir un changement de Premier ministre, il n'ont aucune idée de qui pourrait lui succéder", analyse Tim Bale, professeur de sciences politiques à la Queen Mary University de Londres. Sa position pragmatique plutôt qu'idéaliste sur la sortie de l'UE fait d'elle "la seule possibilité au sein d'un Parti conservateur coupé en deux sur la question du Brexit", estime-t-il.

Quelle relation future?

Mais sa position sera de plus en plus difficile à tenir à mesure que s'approchera la date fatidique du 29 Mars 2019.

Theresa May veut forger "un nouveau partenariat étroit et spécial" avec l'UE, avec un minimum d'obstacles au commerce. Cette nouvelle relation pourrait ressembler à l'accord commercial récemment signé entre l'UE et le Canada, ou à celle entretenue par la Norvège, membre du marché unique sans faire partie des 27. Quelle que soit l'option retenue, elle provoquera la colère d'une partie des Tories.

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