Theresa May résiste aux appels à la démission

Theresa May. ©REUTERS

Malgré l’échec des négociations avec l’opposition pour un compromis sur le Brexit, la Première ministre a rejeté l’ultimatum fixé par les Tories.

Elle avait jusqu’à 16 heures pile, mercredi, pour donner sa réponse, et fixer elle-même le calendrier de son départ. Mais comme toujours depuis son arrivée à Downing Street en juillet 2016, Theresa May s’en est tenue à son propre agenda et n’a pas cédé aux pressions du 1922 Committee, le puissant groupe parlementaire tory.

Downing Street a rappelé que la Première ministre avait déjà "fait une offre très généreuse et audacieuse" à ce même 1922 Committee, à la fin mars. Dans la très intense période des votes solennels et indicatifs, Theresa May s’était en effet rendue en personne devant le groupe parlementaire tory pour s’engager à démissionner en cas de vote favorable à cet accord. "Elle doit faire passer le Brexit dans un premier temps, puis partir et ouvrir la voie à un nouveau leadership dans un second temps", a rappelé un porte-parole de Downing Street.

May s'accroche

Hier encore, May a laissé les députés tory du 1922 Committee se rassembler piteusement, à l’heure de l’ultimatum, pour décider de la marche à suivre. Le plan que les Brexiters durs avaient élaboré depuis le début du printemps ne va pas fonctionner: il prévoyait une démission de May d’ici fin juillet, afin que le complexe processus d’élection permette de désigner un nouveau leader au congrès annuel du mois de septembre.

 

Theresa May laisse désormais entendre qu’elle sera en poste pour plusieurs mois. À la séance de questions aux Communes, elle a adopté un positionnement inhabituel, en affirmant que la résolution du Brexit n’était pas une question de personne. "Le problème, ce n’est pas moi ou tel autre."

Persuadés qu’elle est la cause du blocage, certains Tories envisagent depuis plusieurs semaines de modifier à la hussarde le règlement du parti et pousser de force Theresa May vers la sortie. Cette modification incroyablement risquée ne sera toutefois pas validée par la direction du groupe, d’autant que la prochaine fenêtre de tir n’est pas éloignée: elle interviendra en décembre, un an après la précédente motion de censure initiée par Jacob Rees-Mogg contre May, et qui avait échoué.

Un tiers des 330 députés tories continue de s’opposer au Brexit tel que l’envisage May, et souhaite son départ pour mener des négociations beaucoup plus dures avec Bruxelles.

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