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Theresa May s'affiche en "dancing queen" du Brexit

©AFP

La Première ministre britannique Theresa May a appelé mercredi son parti à l’unité pour réussir les négociations du Brexit.

Aussi surréaliste que sa quinte de toux de l’an dernier, l’entrée en scène de Theresa May, ce mercredi lors du discours de clôture du congrès du Parti conservateur, a en revanche été très maîtrisée. La Première ministre a exécuté quelques pas de danse sur le Dancing Queen d’Abba.

Les mélomanes démodés savent que ce grand classique du genre Europop, a été enregistré en août 1975, deux mois après un référendum dans lequel les Britanniques avaient confirmé leur désir de rester au sein de la Communauté européenne, deux ans après y être entrés.

Au-delà de ce clin d’œil provocateur, la Première ministre a appelé à l’unité du parti, à la fois face à l’Union européenne et face au danger grandissant représenté par le Parti travailliste, qui serait en position de l’emporter en cas de nouvelles élections convoquées avant l’échéance de 2022.

Ce discours visait principalement à garder le contrôle face à un Boris Johnson en roue libre depuis sa démission du gouvernement, début juillet, à Chequers, mais qui n’a pas réussi à faire bouger les lignes pendant ces quatre jours de congrès.

Theresa May a pris soin de ne pas se laisser déborder par son ancien ministre des Affaires étrangères sur des questions essentielles pour les conservateurs, comme le rapport au capitalisme. "Nous ne pouvons pas défendre le capitalisme si les travailleurs ordinaires ne peuvent pas posséder du capital." Elle a aussi annoncé de nouvelles mesures sur le logement. "Résoudre la crise du logement est le plus important défi de politique intérieure de notre génération. Cela ne fait aucun sens de ne pas demander aux collectivités locales d’y prendre part. J’annonce donc la fin du plafond sur les emprunts destinés à la construction de logements."

Bloquée par le DUP

À l’approche du sommet décisif du 17-18 octobre, elle a annoncé de nouvelles propositions à l’Union européenne sur la question de la frontière irlandaise. Il s’agirait, selon la presse britannique, de laisser l’UE contrôler les normes européennes des marchandises transitant du Royaume-Uni vers l’Irlande du Nord, tout en gardant le droit de rester dans l’union douanière. Une proposition qui semble peu réaliste au regard de l’intransigeance de Bruxelles, qui a dernièrement rejeté le plan Chequers.

Theresa May n’a quasiment aucune marge de manœuvre avec le DUP nord-irlandais, qui lui permet de garder une très courte majorité au Parlement, nécessaire à la survie de son gouvernement. Ce mercredi encore, la cheffe du DUP, Arlene Foster, a indiqué qu’"il ne (pouvait) pas y avoir de différentiel réglementaire entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni. C’est une ligne rouge, et elle est écarlate."

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