Trump est à Londres et se mêle de tout

Le président américain Donald Trump a été accueilli lundi en grande pompe à Buckingham Palace. ©Photo News

Le président américain est en visite d'Etat au Royaume-Uni pour parler principalement de la relation commerciale entre les deux pays. Mais Donald Trump a évidemment tweeté à tout-va, vexant et choquant sans complexe.

Donald Trump a été accueilli au palais de Buckingham par la reine Elizabeth II, le prince Charles et son épouse Camilla ce lundi, à l'entame d'un séjour de trois jours au Royaume-Uni. Cette visite d'État a commencé sous le signe des grandes déclarations à l'emporte-pièce comme en a l'habitude le président américain.

Avant même de fouler le sol britannique, il a:

  • critiqué la manière dont Theresa May a mené les négociations avec l'Union européenne;
  • recommandé à son futur successeur de quitter l'UE sans accord et sans payer la facture du divorce;
  • fait de l'ex-ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, partisan d'un Brexit dur, son champion pour la remplacer;
  • glorifié le populiste Nigel Farage, leader du Parti du Brexit;
  • déclaré qu'il "pourrait rencontrer" Johnson et Farage, avec qui il a de "très bonnes relations"
Donald Trump passant en revue la garde d'honneur au palais de Buckingham. ©Photo News
Melania Trump aux côtés de la reine Elizabeth II et de Camilla, duchesse de Cornouailles. ©Photo News
Ivanka Trump et son époux, Jared Kushner, observent l'arrivée de Donald Trump depuis un balcon du palais de Buckingham. ©AFP
Donald et Melania Trump accueillis par la reine Elizabeth II, le prince Charles et son épouse Camilla, à leur arrivée au palais de Buckingham. ©Photo News
Tirs au canon à Green Park, dans le centre de Londres, pour saluer l'arrivée du président américain. ©AFP
La foule était massée en nombre devant le palais de Buckingham pour apercevoir Marine One, l'hélicoptère présidentiel américain. ©AFP
Le drapeau américain mis à l'honneur sur le Mall à l'occasion de la visite du président Trump. ©EPA
Kellyane Conway, l'une des plus proches conseillères du président Trump, est également du voyage. ©REUTERS
Une manifestante anti-Trump devant le palais de Buckingham. ©REUTERS
Discussion tendue entre une admiratrice du président américain et un représentant des forces de l'ordre. ©REUTERS

Un Brexit assez compliqué comme ça

Rappelons que le processus du Brexit est pour l'instant totalement englué, ce qui a poussé Theresa May à la démission. Le successeur de la Première ministre devra donc tenter de mettre en oeuvre le Brexit dans un pays divisé sur la question. Il pourrait tenter de renégocier un nouvel accord avec l'Union européenne. Mais, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a de nouveau exclu cette possibilité tout récemment. Il pourrait aussi opter pour une sortie sans accord. Et sans transition, donc. Bref, un imbroglio qui n'a sans doute pas besoin du point de vue de Trump...

La pique au maire de Londres

Donald Trump n'est qu'un des exemples les plus flagrants d'une menace mondiale croissante. L'extrême droite est en hausse dans le monde entier, menaçant nos droits et libertés durement gagnés et les valeurs qui définissent nos sociétés libérales et démocratiques depuis plus de soixante-dix ans.
Sadiq Kahn
Maire de Londres

Toutes ces remarques, ça faisait déjà beaucoup. Mais, juste avant d'atterrir, Donald Trump a encore envoyé une pique au maire de Londres, Sadiq Kahn. Il s'agit peut-être davantage d'une riposte, le maire de la capitale britannique ne l'ayant lui-même pas loupé. Il avait estimé que le Royaume-Uni avait tort de "dérouler le tapis rouge" à Donald Trump et avait comparé son langage à celui des "fascistes du XXe siècle." Réponse du président américain:

En substance, Sadiq Khan "a fait des commentaires 'méchants'" le concernant et ce "loser total" ferait mieux de se concentrer sur la lutte contre la criminalité à Londres...

Trump a aussi râlé sur CNN, principale source d'informations américaines, selon lui, à Londres mais qui diffuserait "beaucoup de fake news".

Une visite pour parler affaires

Qu'est venu faire Trump à Londres? Il devrait insister sur la "relation spéciale" anglo-américaine.

Pour rappel, les temps sont durs pour l'entente entre ces deux nations. Plusieurs dossiers sont empreints de discorde:

  • l'Iran, où Royaume-Uni tente de défendre l'accord nucléaire que les USA ont remis en cause;
  • La Chine, Huawei et son implication dans le réseau 5G, un dossier dans lequel Trump voudrait que les autorités britanniques affichent une attitude plus ferme.

La relation commerciale avec les États-Unis, cruciale pour le Royaume-Uni post-Brexit, occupera sans doute une grande partie des discussions entre Trump et May même si certains au Royaume-Uni craignent qu'elle ne tourne à leur désavantage.

Au programme

May recevra le président américain à Downing Street mardi, à quelques jours de sa démission, prévue le 7 juin (mais elle assurera l'intérim jusqu'à la nomination de son successeur).

Pendant son séjour, le couple présidentiel aura droit à tous les égards de la monarchie britannique, avec déjeuner avec la reine Elizabeth, thé avec le prince Charles, l'héritier du trône, puis dîner officiel au palais de Buckingham et visite de l'abbaye de Westminster où les souverains d'Angleterre sont couronnés depuis mille ans.

La fin de la visite présidentielle sera centrée sur le 75e anniversaire du Débarquement, avec une cérémonie à Portsmouth (sud de l'Angleterre) ce mercredi en présence de la reine et du président français Emmanuel Macron.

Donald et Melania Trump feront ensuite un bref passage en Irlande avant de se rendre, le 6 juin, en Normandie pour les commémorations organisées par la France.

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