Un accord douanier provisoire et gratuit pour le Royaume-Uni?

©REUTERS

Le Royaume-Uni va proposer la mise en place d'un accord douanier provisoire avec l'Union européenne après le Brexit pour un commerce de marchandises le plus libre possible.

Afin de minimiser les incertitudes et les tensions commerciales au moment de la sortie de l'Union européenne en mars 2019, le gouvernement britannique va demander la mise en place d'une union douanière temporaire, qui serait limitée dans le temps, selon les extraits d'un document du gouvernement qui sera publié ce mardi.

Cela "permettrait un transfert souple et méthodique vers ce nouveau régime", a annoncé le gouvernement en amont de la publication d'une série de documents censés éclaircir la position de Londres en vue du Brexit.

Cette proposition est une manière de:

 Rassurer les entreprises craignant que la mise en place de contrôles douaniers entraîne des retards longs et coûteux.
Répondre aux critiques de Bruxelles sur l'impréparation dont ferait preuve le gouvernement de Theresa May, auquel des responsables européens ont reproché le mois dernier non pas d'avoir des demandes inacceptables, mais de ne pas avoir de position du tout sur de nombreux dossiers.

David Davis, ministre britannique chargé du Brexit ©AFP

Invité mardi matin devant les caméras de la chaîne ITV, le ministre chargé du Brexit, David Davis, a estimé que le Royaume-Uni n'aurait probablement pas à payer en échange de cet éventuel accord d'union douanière temporaire. "Je ne le pense pas, non", a-t-il répondu à une question sur ce point. "Mais il faut me laisser négocier ce qui se passera durant cette période transitoire", a-t-il ajouté.

Le montant du chèque que le Royaume-Uni devra signer pour sortir de l'Union européenne ne sera pas fixé avant octobre, a-t-il également déclaré. A côté de cette facture, les discussions entre négociateurs européens et britanniques se sont concentrées sur les droits des ressortissants britanniques et européens et sur la frontière irlandaise. La prochaine session de négociations est programmée en octobre.

Le beurre et l'argent du beurre

Les Britanniques veulent aussi pouvoir négocier -parallèlement à l'instauration de cette union douanière temporaire- des accords commerciaux avec d'autres régions du monde. Mais ça ne réjouit pas les négociateurs européens.

"Pendant cette période intérimaire, qui sera négociée avec Bruxelles, le Royaume-Uni cherchera à négocier de nouvelles relations commerciales avec le reste du monde."
Gouvernement britannique

En invoquant formellement l'article 50 du traité européen qui organise une sortie de l'UE, Theresa May avait fait savoir que le Brexit signifiait pour le Royaume-Uni une sortie de l'union douanière. Mais la proposition britannique semble être tout bénef' pour le Royaume-Uni.

D'un côté, il disposerait d'une sécurité pour continuer à réaliser des exportations (temporairement) avec l'UE. De l'autre côté, il négocierait déjà des accords avec des pays hors de l'UE. Or, les pays membres de l'union douanière ne sont normalement pas autorisés à négocier des accords bilatéraux. Seule la Turquie, qui bénéficie d'une union douanière partielle avec l'UE (sur les biens industriels), est autorisée à négocier parallèlement des accords avec d'autres Etats.

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