Un accord sur le Brexit "est possible cette semaine" (Barnier)

Michel Barnier juge qu'il est grand temps pour Londres "de mettre ses bonnes intentions par écrit". ©EPA

Michel Barnier, négociateur européen pour le Brexit, se veut positif. "Trouver un accord reste possible", affirme-t-il. Mais pour l'heure, les propositions britanniques ne lui semblent pas suffisantes. Il fixe à ce mardi soir la date limite pour trouver un accord susceptible d'être approuvé lors du prochain sommet.

La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne à la fin du mois reste la priorité du gouvernement britannique, déclarait lundi le Premier ministre Boris Johnson dans le traditionnel discours du trône lu par la reine Elizabeth II, au moment où les négociations pour parvenir à un accord de Brexit abordent une semaine cruciale.

À un peu plus de deux semaines de l'échéance prévue, Londres et Bruxelles peinent à surmonter leurs désaccords pour éviter un "no deal" économiquement douloureux. Mais pour le négociateur en chef de la Commission européenne, Michel Barnier, un accord est possible cette semaine.

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À son arrivée à une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept à Luxembourg, Michel Barnier a précisé: "Même si un accord serait difficile (à atteindre) – et c'est de plus en plus le cas –, il est toujours possible cette semaine". Il a insisté sur le fait que tout accord devrait "fonctionner pour chacun, pour l'ensemble du Royaume-Uni et l'ensemble de l'Union européenne". "Il est grand temps de traduire les bonnes intentions en texte légal", a-t-il ponctué.

→ Cet optimisme booste la monnaie britannique: la livre sterling    a atteint un plus haut de cinq mois face à l'euro à la mi-journée.

Didier Reynders, toujours ministre belge des Affaires étrangères, a aussi évoqué la possibilité d'un accord ce soir encore sur le Brexit, tout en insistant sur les difficultés persistantes.

Ce n'est pas facile, mais j'espère qu'il sera possible aujourd'hui d'engranger un progrès. Si nous avons un accord ce soir, il est possible de le présenter au Conseil, puis il faudra voir s'il est aussi possible pour le parlement britannique d'être d'accord avec ça.
Didier Reynders

Le ministre allemand de l'Europe, Michael Roth, se veut plus pondéré, disant "ne pas être certain" que les négociateurs soient proches de trouver un terrain d'entente.

Pour l'heure, les propositions britanniques n'ont pas trouvé grâce aux yeux des Vingt-Sept. Barnier a expliqué qu'elles ne lui semblaient pas suffisantes. Il a fixé à ce mardi soir la date limite pour trouver un accord susceptible d'être approuvé lors du prochain sommet, qui aura lieu à Bruxelles jeudi et vendredi. Boris Johnson, le Premier ministre britannique, souhaite négocier un accord pendant ce sommet, pour éviter le scénario catastrophe d'un Brexit désordonné à la date prévue du 31 octobre. Et s'il n'y a pas d'accord lors du sommet? Les discussions se poursuivront... peut-être lors d'un sommet extraordinaire.

Nouvelles propositions britanniques attendues

Selon la radiotélévision publique irlandaise RTE, le Royaume-Uni devrait mettre de nouvelles propositions sur la table ce mardi.

Londres et Bruxelles sont désormais engagés dans d'intenses négociations sur la manière d'éviter, après le Brexit, un retour à une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, membre de l'UE, et ainsi préserver la paix sur l'île qui a connu plusieurs décennies de violences. 

Le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney (à gauche) et le négociateur européen pour le Brexit Michel Barnier. ©EPA

Le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney, assurait encore lundi qu'"un accord est possible et c'est possible ce mois-ci. C'est peut-être même possible cette semaine, mais nous n'y sommes pas encore".

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