Un Brexit coûtera 2 milliards à la Belgique

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Le scénario d’un Brexit aurait des conséquences économiques très néfastes pour le Royaume-Uni mais aussi pour la zone euro. L’Irlande, Malte, les Pays-Bas et la Belgique seraient les pays les plus sévèrement impactés. La livre sterling serait mise à mal, mais l’euro serait entraîné dans sa chute.

"Si les Britanniques veulent s’en aller, qu’ils s’en aillent", entend-on régulièrement en coulisse à Bruxelles. Et pour cause, puisque l’hypothèse d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (Brexit) risque de pénaliser lourdement l’économie britannique.

-0,5% de PIB
D’après une estimation d’ING, la croissance belge serait amputée de 0,5% d’ici fin 2017 en cas de Brexit.

Ce que l’on sait moins en revanche, c’est que les économies de la zone euro n’en sortiront pas non plus sans égratignures. D’après une étude réalisée par Peter Vanden Houte et Carsten Brzeski, tous deux économistes chez ING, la zone euro perdrait 0,3% de croissance d’ici 2017 dans un tel cas de figure. En Belgique, un Brexit devrait faire encore plus mal: -0,5% de produit intérieur brut (PIB) ou 2 milliards d’euros. Passons en revue les principales conclusions de l’étude d’ING.

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• L’économie britannique serait la première touchée par un Brexit. Le PIB du Royaume-Uni ne dépasserait pas 1,5% en 2017. C’est 1,2% de moins que la prévision actuelle de 2,7%. En cause, le tarissement des flux commerciaux entre la Grande- Bretagne et le continent. "Le rétablissement de l’économie britannique dépendra de la rapidité avec laquelle seront conclus des traités bilatéraux avec des Etats membres européens et avec des pays tiers", selon Peter Vanden Houte.

• Dans la foulée, la livre sterling serait sévèrement mise sous pression. Chez ING, on s’attend à un taux de change de 0,90 euro pour une livre. Comme un Brexit risque de mettre à mal la construction européenne, l’euro devrait rejoindre la parité avec le dollar fin 2016, ce qui atténuerait quelque peu l’impact de l’effondrement de la livre.

• Du côté de la zone euro, les trois pays les plus durement touchés seraient l’Irlande (-0,8% de PIB), Malte (-0,7%) et les Pays-Bas (-0,6%). La Belgique suivrait en quatrième position (-0,5%). L’impact sur l’emploi serait tout aussi désastreux. Quelque 2 millions d’emplois dans la zone euro dépendent directement du commerce avec le Royaume-Uni, soit 1,5% de l’emploi total. En Belgique, le prix serait encore plus élevé, puisque 2,8% de l’emploi total dépendent du commerce outre-Manche, soit environ 120.000 postes. Ceux-ci ne disparaîtraient pas automatiquement mais seraient soumis à une grande incertitude.

• Les ressources budgétaires de l’Union devraient être revues à la hausse puisque le Royaume-Uni est un contributeur net au budget européen. L’Allemagne devrait verser 2,5 milliards d’euros en plus des 30 milliards déjà déboursés chaque année. La France verserait 1,9 milliard d’euros en plus.

• Un Brexit changerait la donne pour le TTIP, le traité de libre-échange actuellement en négociation avec les Etats-Unis. Les libre-échangistes perdraient un allié de poids, tandis que les interventionnistes, emmenés par la France, prendraient un ascendant définitif. En clair, le TTIP serait enterré.

• Enfin, un Brexit remettrait à l’agenda la question de l’indépendance de l’Ecosse. Les Ecossais, traditionnellement plus à gauche que les Anglais, n’ont jamais caché leur attachement à l’idée européenne. "Un référendum sur la sortie de l’Ecosse du Royaume-Uni est à envisager dans un délai de deux ans après le Brexit", prédit Peter Vanden Houte.

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