"Un choc instantané en cas de Brexit sans accord" (Banque d'Angleterre)

©AFP

Le Premier ministre britannique Boris Johnson n'a pas écarté la possibilité d'un Brexit sans accord le 31 octobre prochain. Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre prévient: cela provoquerait un "choc instantané" pour l'économie britannique.

Sans accord, le choc pour l'économie est instantané.
Mark Carney
gouverneur de la Banque d'Angleterre

Pour le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), sortir de l'UE avec un "no deal" provoquera un "choc instantané" pour l'économie britannique, a-t-il déclaré sur la BBC, alors que Boris Johnson, le nouveau Premier ministre britannique, n'écarte pas cette possibilité. "Bojo", qui s'est entouré d'une garde rapprochée d'eurosceptiques, a en effet promis à son pays qu'il quitterait l'UE le 31 octobre, avec ou sans accord. 

"Des entreprises ne seront plus en capacité de fonctionner" dans cette hypothèse, a averti Mark Carney. Interrogé sur le nombre d'entreprises qui pourraient se retrouver dans ce cas, il a répondu: "Potentiellement, un nombre important."

Quels secteurs les plus touchés?

Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre. ©Photo News

Mark Carney a souligné que certains secteurs seraient particulièrement touchés par un Brexit sans accord qui ferait passer les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'UE sous l'égide des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) - avec à la clé des droits de douane et des barrières non tarifaires.

Baisse de la livre sterling

La BoE estime qu'un Brexit sans accord se traduirait par une baisse de la livre et une croissance ralentie au Royaume-Uni. "Dans le cas d'un no deal, le taux de change de la livre reculerait probablement, l'inflation augmenterait et la croissance du PIB ralentirait", peut-on lire dans le compte rendu de sa réunion de politique monétaire.

La BoE a par ailleurs abaissé ses prévisions de croissance pour 2019 et 2020 à 1,3%, contre respectivement 1,5% et 1,6% avant. Elle explique cette baisse par les incertitudes du Brexit et le ralentissement de la croissance mondiale qui "devraient continuer à peser sur la croissance à court terme et de façon plus marquée que ce qui avait été anticipé dans le rapport de mai". Son taux directeur reste cependant inchangé, à 0,75%.

Il a plus spécifiquement désigné les secteurs de l'automobile et plus généralement des transports, ainsi que l'industrie chimique et l'industrie alimentaire. Du côté de l'alimentation, il a souligné que la grande distribution britannique serait confrontée à un problème très compliqué du côté "des produits périssables" importés de l'Union européenne, qui ne peuvent être gardés longtemps et qui sont donc difficilement stockables par avance.

Prix qui augmentent

Le banquier central a aussi prévenu que nombre de produits de consommation courante, comme "l'alimentation et l'essence", verraient sans doute leurs prix augmenter au Royaume-Uni dont les habitants subiraient une baisse "de leur revenu réel par rapport à ce qu'il aurait été" dans une situation autre que le "no deal". Carney a expliqué qu'un Brexit sans accord entraînerait une baisse de la livre donc un renchérissement des biens importés. 

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