Un report du Brexit peut être envisagé s'il est "justifié" (Macron)

Emmanuel Macron. ©AFP

Theresa May demande ce mercredi l'aval des députés à sa nouvelle stratégie sur le Brexit, incluant un éventuel report de la date de sortie. Mais un tel report ne sera pas admis si facilement par l'Union européenne.

Ce mercredi, la Première ministre britannique soumet au vote des députés une motion pour prolonger les pourparlers avec l'Union européenne. Theresa May leur propose aussi un mécanisme de report de la date du divorce en cas d'échec des discussions. C'est sa nouvelle stratégie, présentée mardi. Le vote est prévu ce mercredi à 20h.

Concrètement, la Chambre des communes va débattre d'une motion symbolique déposée par le gouvernement britannique indiquant quelle "prend note de la déclaration du 26 février de la Première ministre sur la sortie de l'UE et observe que les discussions entre le Royaume-Uni et l'UE se poursuivent". Des amendements d'initiative parlementaire pourraient également être débattus et votés en début de soirée. Ils ne seront pas contraignants, même si leur adoption pourrait exercer une pression politique sur Downing Street.

  • Jeremy Corbyn, le chef du principal parti d'opposition, le Labour, a ainsi déposé un amendement demandant le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'Union européenne après sa sortie de l'UE. Si cet amendement n'est pas adopté, il en déposera un autre plus tard pour réclamer un deuxième référendum, après celui de juin 2016 au cours duquel le oui au Brexit avait obtenu 52% des voix.
La nouvelle stratégie de May

→ La Première ministre britannique va d'abord soumettre au vote du Parlement, le 12 mars au plus tard, la version modifiée de l'accord de divorce qu'elle aura pu obtenir de Bruxelles, dont la première mouture avait été massivement rejetée par les députés en janvier.

→  Si cette nouvelle version est également recalée, elle leur demandera le 13 mars s'ils veulent sortir de l'UE sans accord.

→  S'il refusent, elle leur soumettra le 14 mars une proposition de report "limité" du Brexit, idée à laquelle elle s'est pourtant toujours déclarée opposée.

"Une prolongation, mais pour quoi faire?"

Aujourd'hui, le négociateur européen Michel Barnier s'interroge: à quoi servirait ce rabiot? "S'il y a une demande de prolongation", elle devra faire l'objet d'une validation à l'unanimité des pays européens, a déclaré Barnier sur la radio Franceinfo. "Et la question qu'ils poseront immédiatement, c'est 'pour quoi faire?'. C'est cela qui déterminera la durée d'une éventuelle prolongation". Pour rappel, lundi, le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait affirmé qu'un délai supplémentaire pour le Brexit serait une solution "rationnelle". 

"Si les Britanniques ont besoin de davantage de temps, nous pourrons examiner une demande d'extension - si elle est justifiée par de nouveaux choix des Britanniques. Mais nous ne pourrons en aucun cas accepter une extension sans une perspective claire sur l'objectif poursuivi."
Emmanuel Macron
Président français

Plusieurs dirigeants européens se sont aussi exprimés, ce mercredi, à propos d'un éventuel report de la date du divorce. Angela Merkel, la chancelière allemande, rappelle que l'accord de retrait ne peut être négocié et admet qu'une demande d'extension pourrait être examinée "mais pas sans perspective claire sur la suite".

Le président français Emmanuel Macron a également fermé la porte à une renégociation de l'accord. Il a cependant concédé qu'un retardement de la date du Brexit pourrait être examiné s'il était justifié.

Le nouveau plan de Theresa May a recueilli le soutien des membres du Parti conservateur effrayés par l'hypothèse d'une sortie sans accord, particulièrement redoutée dans les milieux économiques. La possibilité d'un report a en revanche provoqué la colère des conservateurs europhobes partisans d'une rupture nette avec l'UE. 

©REUTERS

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