Van Overtveldt à Londres pour tirer profit du Brexit

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Johan Van Overtveldt, le ministre belge des Finances, était au siège central du marché de l'assurance Lloyd's of London ce mercredi. Devant plusieurs dizaines d'assureurs, il a vanté les attouts de la Belgique afin d'attirer des acteurs financiers britanniques qui veulent quitter Londres suite au Brexit.

Le ministre belge des Finances, Johan Van Overtveldt, a vanté ce mercredi les atouts de la Belgique comme centre financier au siège central du marché de l'assurance Lloyd's of London devant un public d'assureurs, dans l'espoir d'attirer à Bruxelles des acteurs financiers installés dans la capitale britannique après le Brexit.

2019
Le président de Lloyd's, John Nelson, avait annoncé son intention de voir les activités de la branche lancées dans la capitale belge dès le 1er janvier 2019, pour anticiper le Brexit.

Lloyd's, le premier marché d'assurance et de réassurance londonien, avait annoncé le 30 mars, au lendemain de l'activation par le gouvernement britannique de l'article 50 du traité de Lisbonne, lançant ainsi officiellement le divorce avec l'Union européenne, sa décision d'implanter sa filiale européenne à Bruxelles afin de conserver un accès sans entrave au continent face aux incertitudes soulevées par le Brexit. Le président de Lloyd's, John Nelson, avait annoncé son intention de voir les activités de la branche lancées dans la capitale belge dès le 1er janvier 2019, pour anticiper le Brexit.

Plusieurs dizaines d'emplois créés à Bruxelles

"Lloyds est une artère dans le milieu international de l'assurance et a une inévitable capacité d'attraction sur toutes les entités qui sont liées à Lloyds."
Johan Van Overtveldt
Ministre des Finances

La venue du groupe d'assurances britannique à Bruxelles s'accompagnera du transfert de quelques dizaines d'emplois, au moins dans un premier temps. Mais elle offre des perspectives plus vastes à la Belgique. "Lloyds est une artère dans le milieu international de l'assurance et a une inévitable capacité d'attraction sur toutes les entités qui sont liées à Lloyds", a affirmé ce mercredi M. Van Overtveldt, qui était accompagné par le vice-gouverneur de la Banque nationale de Belgique, Pierre Wunsch, et par le patron de l'Autorité des services et marchés financiers (FSMA), Jean-Paul Servais. Le ministre a aussi fait valoir la proximité avec les institutions européennes, l'ouverture de l'économie, l'infrastructure de marché, la qualité de la vie et la réglementation appropriée qui caractérisent selon lui la Belgique.

Les acteurs financiers opérant depuis la City londonienne sont actuellement autorisés à faire des affaires dans toute l'UE dans le cadre du marché intérieur. Mais en sortant du marché unique, le Royaume-Uni va perdre le système qui lui permettait de vendre ses produits financiers dans toute l'Europe, son "passeport financier", bien que la City rêve de négocier une équivalence au cours des prochaines négociations sur le Brexit. "Nous voulons être physiquement présents au coeur de l'Europe. Nous pouvons espérer que notre hub (à Bruxelles) renforce notre pénétration sur le continent européen et attire d'autres acteurs non-européens", a affirmé ce mercredi M. Nelson.

"Nous voulons être physiquement présents au coeur de l'Europe. Nous pouvons espérer que notre hub (à Bruxelles) renforce notre pénétration sur le continent européen et attire d'autres acteurs non-européens."
John Nelson
Président de Lloyd's

Lloyds possède déjà des bureaux régionaux, à Dubaï, Singapour et Shanghai. "Si l'on regarde nos autres hubs, on voit que nous créons un peu un écosystème, composé non seulement d'assureurs, mais aussi d'accountants, d'avocats, etc", a ajouté le président de Lloyd's, qui a salué l'environnement favorable aux affaires qui prévaut à Bruxelles et la collaboration avec les régulateurs. Selon lui, Bruxelles fait mieux que Luxembourg, Francfort, Paris et Dublin. Tout comme d'autres participants à la réunion, M. Nelson s'est montré intéressé par les évolutions fiscales prévues en Belgique, notamment en matière de réforme de l'impôt des sociétés (Isoc). "Le processus a démarré. De nombreux scenario sont sur la table", a répondu M. Van Overtveldt, en exprimant l'espoir de "davantage de clarté" au cours de la seconde moitié du mois de juillet.

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