Vers quel Brexit va-t-on?

©AFP

Il y a onze prétendants déclarés pour succéder à Theresa May. Mais quelle sorte de Brexit veulent-ils, ces candidats Premier ministre?

La cheffe du Parti conservateur Theresa May démissionne donc ce vendredi, après avoir échoué à faire sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne. Son successeur sera choisi d'ici fin juillet. Le nouveau Premier ministre disposera alors théoriquement de trois mois pour réussir là où May a échoué... La nouvelle date du Brexit est désormais fixée au 31 octobre.

Ils sont déjà onze à prétendre lui succéder. Mais quel Brexit veulent-ils, ces candidats? Une sortie sans accord, un nouveau report, un second référendum ou...?

Les dates-clés du Brexit

LIGNE DU TEMPS | Retracez le cours du Brexit, du vote du 23 juin 2016 à la démission de la Première ministre Theresa May en mai dernier, entre accords, votes et reports...

Les partisans d'un "no deal"

Esther McVey ©Photo News

Esther McVey

Esther McVey, 51 ans, a démissionné en novembre 2018 de son poste de ministre du Travail dans le gouvernement de Theresa May. Cette ancienne présentatrice de télévision était clairement opposée à l'accord de retrait conclu en novembre entre la Première ministre et l'UE sur le Brexit. Elle défend une "rupture nette".

Andrea Leadsom ©AFP

Andrea Leadsom

Fervente avocate du Brexit, la ministre chargée des relations avec le Parlement a démissionné fin mai, en désaccord avec la stratégie de Theresa May. Andrea Leadsom veut quitter l'UE sans accord, espérant toutefois convenir de certains arrangements.

Elle fut finaliste malheureuse dans la course au poste de chef du gouvernement en 2016. Elle avait retiré sa candidature avant le vote des militants, payant le prix d'une interview dans laquelle elle expliquait que sa qualité de mère de famille la qualifiait davantage que sa rivale pour la suite des événements. Sa sortie avait été jugée injuste pour May, qui n'a pas eu d'enfants.

Prêts au "no deal" le 31 octobre

Boris Johnson ©REUTERS

Boris Johnson

L'ancien maire de Londres "Bojo", 54 ans, a été l'un des grands artisans de la victoire du Brexit au référendum de juin 2016. Il veut que le Royaume-Uni quitte l'UE le 31 octobre, accord renégocié ou pas. Nommé ministre des Affaires étrangères dans la foulée par Theresa May, il n'a cessé de lui savonner la planche en critiquant sa stratégie dans les négociations avec Bruxelles, avant de quitter le gouvernement.

Habile et charismatique, il est le grand favori chez les militants de base.

Sajid Javid ©Photo News

Sajid Javid

Nommé en 2018 à la tête du ministère de l'Intérieur, Sajid Javid, 49 ans, s'était prononcé contre le Brexit au moment du référendum de juin 2016, mais défend désormais des positions eurosceptiques. Cet admirateur de Margaret Thatcher, ancien banquier d'affaires et fils d'un chauffeur de bus pakistanais juge qu'il n'y a pas grand chose à craindre d'un divorce sans accord, soulignant que le Royaume-Uni aura, quoi qu'il arrive, "la capacité de se protéger."

Dominic Raab ©REUTERS

Dominic Raab

Nommé ministre du Brexit en juillet 2018, Dominic Raab a démissionné quatre mois plus tard, opposé à l'accord de Mme May.

Ancien avocat spécialisé en droit international, ce député ultra-libéral et eurosceptique de 45 ans, est l'une des figures de la nouvelle garde des conservateurs.

Pas prêts au "no deal" le 31 octobre

Michael Gove ©REUTERS

Michael Gove

Ministre de l'Environnement et pourfendeur du plastique, cet eurosceptique de 51 ans a joué le rôle de caution pour les partisans du Brexit dans le gouvernement May. Si Bruxelles accepte de renégocier, il est prêt à demander un nouveau report du Brexit pour éviter une sortie sans accord le 31 octobre.

Lieutenant de Boris Johnson pendant la campagne référendaire, Michael Gove lui avait retiré son soutien au moment où celui-ci s'apprêtait à briguer les fonctions de chef du gouvernement 2016, pour présenter sa propre candidature, avant d'être éliminé lors des votes des membres du parti.

Jeremy Hunt ©AFP

Jeremy Hunt

Le ministre des Affaires étrangères, 52 ans, avait soutenu le maintien dans l'UE avant de changer d'avis, déçu par l'approche "arrogante" de Bruxelles dans les négociations.

Si cet ancien homme d'affaires, parlant couramment le japonais, a dit qu'un "'no deal' était mieux que pas de Brexit", il estime désormais que chercher à obtenir une sortie sans accord en octobre serait "un suicide politique" pour les conservateurs au pouvoir.

Mark Harper

Dossier Brexit

Comment s'y retrouver dans l'imbroglio du Brexit? Toutes les infos et analyses dans notre dossier spécial >

Le député Mark Harper, 49 ans, se targue d'être le seul candidat à ne pas avoir servi sous le gouvernement de Theresa May. En 2016, il avait fait campagne pour le maintien dans l'UE, mais assure que s'il devait revoter aujourd'hui, il ferait le choix inverse.

Cet ancien responsable de la discipline parlementaire chez les Tories estime qu'il faut repousser la date du Brexit pour garantir une sortie avec accord. Toutefois, si ce report n'avait pas l'effet escompté, il serait prêt à un "no deal".

Contre un "no deal"

Rory Stewart ©EPA

Rory Stewart

Ministre du Développement international, Rory Stewart, 46 ans, est un baroudeur qui a servi en Irak comme gouverneur adjoint de la coalition après l'invasion américaine en 2003. Ancien diplomate passé par Eton, ce randonneur aguerri a traversé à pied l'Iran, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde et le Népal. Partisan d'un maintien dans l'UE lors du référendum de 2016, il s'oppose à une sortie sans accord et défend l'accord négocié par Theresa May avec Bruxelles. Il dit vouloir un divorce"pragmatique et modéré".

Matt Hancock ©EPA

• Matt Hancock

Ancien économiste de la Banque d'Angleterre, le ministre de la Santé Matt Hancock, 40 ans, a d'abord été chargé du portefeuille du Numérique. Il avait voté pour le "remain" en 2016.

Sortir de l'UE sans accord n'est pas une option, dit-il, expliquant que le Parlement ne le permettrait pas.

 

Pour un second référendum

Sam Gyimah ©REUTERS

Sam Gyimah

Ancien secrétaire d'Etat aux Universités, Sam Gyimah a quitté ses fonctions en novembre pour soutenir la tenue d'un second référendum sur le Brexit avec trois options: sortie avec accord, sans accord, ou maintien dans l'UE. Opposé à un no deal, il voterait pour un maintien.

Comment sera choisi le successeur de Theresa May?

Le parti Tory a modifié les règles du processus de désignation de son nouveau chef,  afin de resserrer le nombre de prétendants et d'accélérer la procédure.

→ Validation des candidatures
Les candidats doivent être soutenus par huit conservateurs, un seuil quatre fois plus élevé que par le passé.

→ Sélection des candidats
Les parlementaires conservateurs procéderont ensuite à plusieurs tours de scrutin pour réduire le nombre de candidats. Au premier tour (le 13 juin), les candidats ne dépassant pas 5% des suffrages (soit 16 voix) seront éliminés. Au deuxième tour (le 18 juin), ce seuil sera relevé à 10% des suffrages. Pour les tours suivants, fixés les 19 et 20 juin, la règle classique sera appliquée, avec élimination du candidat le moins bien placé.

→ Vote final des adhérents du parti
Les deux derniers candidats encore en lice seront départagés par les 160.000 membres du Parti conservateur via un vote postal qui s'achèvera dans la semaine du 22 juillet

Lire également

Publicité
Publicité