Vers un Brexit doux pour les firmes européennes de la City

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L’autorité européenne des marchés financiers a accordé une dérogation pour les firmes européennes cotées en livre sterling sur le London Stock Exchange. Même en cas de no deal, la City va préserver une partie de ses positions.

En arrière-plan des négociations, presque en catimini, les arrangements post-Brexit pour les services financiers vont bon train depuis quelques mois, et se sont accélérés ces dernières semaines.

Ceux-ci adaptent les services financiers européens à l’éventualité d’un Brexit sans accord, en assurant une forme de continuité avec la situation qui prévaut depuis plus de trente ans. La volonté de "préserver la stabilité financière" et "l’intégrité des marchés" figurait d'ailleurs en tête du premier paragraphe de la Déclaration politique concernant les services financiers, en parallèle à l’accord de retrait. Si des retards ont été pris, les désaccordx sur ces points ont été rares, sinon inexistants, aux plus hauts niveaux de négociations.

Les arrangements post-Brexit pour les services financiers vont bon train depuis quelques mois, et se sont accélérés ces dernières semaines.

Les chambres de compensation de la City, qui dominent outrageusement le secteur, pourront ainsi continuer de servir les clients de l’UE jusqu’en juin 2022 au minimum. De son côté, la Prudential Regulation Authority britannique (PRA) octroie généreusement des équivalences pouvant aller jusqu’à 2023 aux firmes européennes souhaitant continuer d’opérer dans la City.

Changement significatif

Le changement le plus récent n’est pas le moins significatif: lundi, l’autorité européenne des marchés financiers (l'AEMF ou l'ESMA en anglais) a autorisé les firmes européennes à échanger des actions en sterling sur le London Stock Exchange jusqu'à la fin de la période de transition, le 31 décembre 2020, même en cas de no deal.

"L’AEMF a autorisé les firmes européennes à échanger des actions en livres sterling sur le London Stock Exchange jusqu'à la fin de la période de transition, même en cas de no deal."

Ces firmes seront donc exonérées de la share trading obligation (STO), qui forcera les banques et fonds basés en Europe à trader les actions en euros uniquement au sein des marchés continentaux si aucun accord commercial n’est conclu d’ici là. Les firmes concernées par des actions en sterling et qui pourront bénéficier de cette dérogation ne sont qu’une cinquantaine, ce qui peut être vu comme un signe supplémentaire de la volonté des régulateurs des deux côtés de la Manche de ne laisser aucun acteur sur le carreau.  

D’ailleurs, une absence de dérogation n’aurait pas été dramatique pour les firmes concernées, puisque le London Stock Exchange réfléchissait à la possibilité de transférer ses opérations vers sa plateforme d’Amsterdam. Les plateformes Turquoise, Cboe et Aquis, qui sont basées à Londres, ont déjà prévu des points de chute au sein de l’Union européenne. Cette décision de l’AEMF confirme en tout cas qu’avec ou sans entente entre Michel Barnier et David Frost dans les jours à venir, le Brexit sera accompagné d’anti-douleurs très efficaces pour les principaux acteurs des services financiers.

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