De funestes auspices

Professeur à l'ULB et à l'UCL, membre de l'Académie royale de Belgique. ©Kristof Vadino

La croissance des prochaines années ne sera pas plane, car certains auspices sont funestes.

On anticipe déjà des chocs climatiques, alimentaires et hydrauliques sans oublier des chocs énergétiques. On prévoit aussi des frictions militaires, qui s’ordonneront avec les flux énergétiques et un repli de la mondialisation vers certaines régions. Les crises de demain seront d’ailleurs probablement d’origine perses. Les prochains conflits devraient aussi correspondre à des confrontations entre les civilisations anciennes et nouvelles. Leur situation géographique devrait s’étendre de la Méditerranée à la mer de Chine.

Avec beaucoup de lucidité, François Mitterrand l’avait chuchoté confidentiellement en 1995: cette guerre économique, sera à mort.

Nous avons confondu cette mondialisation avec les temps anciens des colonies, où les richesses étaient importées des pays lointains à notre bénéfice.
Bruno Colmant

Avec une naïveté coupable, nous avons été illusionnés par une mondialisation que nous croyions s’effectuer à notre avantage. En fait, c’est exactement le contraire qui se passe. Nous avons confondu cette mondialisation avec les temps anciens des colonies, où les richesses étaient importées des pays lointains à notre bénéfice. La mondialisation, c’est l’inverse: ce sont les pays lointains qui ont construit un formidable modèle d’épargne populaire dont nous sommes aujourd’hui les débiteurs.

Les deux dernières décennies européennes furent d’ailleurs celles de l’illusion occidentale, c’est-à-dire celles de l’emprunt du futur par l’endettement public pour éviter la confrontation avec l’inévitable appauvrissement que l’aboutissement de nos modèles sociaux.

Trop longtemps, nous avons vécu dans l’anesthésie du modèle économique confortable des années soixante.
Bruno Colmant

C’était facile de critiquer le capitalisme tout en bénéficiant de ses conjonctures heureuses pour vivre au crédit des marchés financiers. Trop longtemps, nous avons vécu dans l’anesthésie du modèle économique confortable des années soixante. Nous avons délégué à quelques hommes politiques introvertis de faciles choix de sociétés, mais avec les conséquences redoutables qu’on connaît.

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