chronique

C’est l’heure au foot!

Humoriste

L'humeur de Bruno Coppens.

 Je crains le pire. Nous étions depuis plus d’un an 11 millions d’experts en virologie, épandémiologie, pangolinologie et bullesdequatreaulogis et là du jour au lendemain, nous allons devenir 11 millions d'experts en foot! Le choc va être terrible, je le sens. Et surtout, pas sûr que l’on se comprenne bien alors voici mon plan langue pour tous. Si vous entendez la phrase « Les Red Devils? Mais c’est une pandémie! » cela signifie: « Vu le nombre de blessés chez les Diables Rouges? C’est une hécatombe! ». L’expression « Ne lui fais pas de passe sanitaire! » peut se traduire en ces mots: « Envoie-le aux soins intensifs! ». Quant à « C’est quoi ce cluster? » la question illustre ce moment où, lors d’un penalty, toute l’ équipe est serrée devant la lucarne sans respect de la distanciation sociale. Le cri: « Fais-lui passer un test PCR! » veut dire simplement « Enchaîne petit pont-croche-pied-reprise de volée! » et cette autre harangue « Vaccine-le au Pfizer! » doit être interprétée en ces termes: « Fauche-le deux fois, il comprendra! ». Enfin, si surgit cet impératif « Fais ton Jürgen Conings », cela signifie que le joueur doit « foncer tout seul vers le but ».

Du jour au lendemain, nous allons devenir 11 millions d'experts en foot!

 Alors toujours au niveau du vocabulaire, je tiens juste à préciser que  l’expression buzz de la semaine «  Montjoie St Denis! » ne renvoie pas du tout aux noms de deux équipes de foot qui se rencontreraient lors de l’Euro. Il s’agit bien d’un cri lancé par un facho royaliste à la face de Macron, tout droit sorti d’une épopée de Capet d’épée et accompagné d’une baffe, signifiant ainsi l’envie d’en finir avec les gestes barrière. Grand effroi en France! Ici, on sourit légèrement car cela nous rappelle les tendres années des attentats pâtissiers de notre gredin de Noël, dont Bernard-Henri Lévy était le souffre-douleur récurrent… récurant? Dans mon esprit les deux orthographes se fondent, les chemises tachées de crème fraîche étant si souvent nettoyées. Et puis me revient également en mémoire le souvenir de l'enfritage de Charles Michel au Cercle de Wallonie en 2014 par quatre femmes, les LilithS, qui avaient balancé de la mayonnaise sur le costume de… monsieur Patate au cri de « La Belgique se portait mieux. Michel dégage! » La frite devenait une arme et la FN pour un jour rebaptisée la Friterie Nationale! On est cool en Belgique quand même! Des tartes, de la mayonnaise, personne n’oserait imaginer l'attentat à la couque de Dinant ou cogner au cougnou!

 Mais revenons sur le terrain avec ce match du jour à Saint-Pétersbourg. Nos Diables vont-ils exiger la venue sur le terrain de l’attaquant Alexandre Navalny? Raoul Hedebouw a-t-il manigancé en coulisses pour que les Diables Rouges portent les T-shirts du PTB « We are One »? Si les Red Devils vont jusqu’au bout, Alexander De Croo ressortira-t-il son slogan « On est 11 millions de joueurs mais 1 seule équipe »? Et Bart De Wever, comment a-t-il fait pour décrocher un tel privilège?!? L’Eurofoot s’achève le 11 juillet, fête de la Communauté flamande! La victoire des Diables, il est capable de la communautariser.

 Mais pourquoi parler de politique belge alors que justement l’Eurofoot permet d’oublier quatre semaines nos guéguerres politiciennes! Quatre petites semaines, c’est trop court. Cette compétition devrait durer aussi longtemps que l’indécision du PS sur le port du voile. Ainsi, lorsque la finale de l’Euro se déroulerait, Élisabeth serait reine, elle conduirait ses 3 enfants à l’école en vélo cargo et ensuite, elle inaugurerait à Mons la gare Calatravaux tout de drapeaux belges auréolée. Olé olé olé!

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