Ceci n'est pas une chronique sur le départ d'Albert II

Vous êtes rassuré(e) s? Je suis comme vous: sa-tu-ré. Ho! Je l’aimais bien mon Roi, mais ce temps d’antenne avant, pendant et après l’annonce de l’abdication, grrrrr…

J’ai failli partir m’enterrer à Fort Boyard pour ne plus en entendre parler! Respiration… Voici le sujet du jour: le Tour de France. Je suis déjà très déçu de la Grande Boucle 2013. Faut dire qu’ils nous l’ont vendue avec les méthodes de lancement d’un blockbuster. Souvenez-vous de la bande-annonce: les aveux de Jan Ullrich dans la presse allemande puis les révélations dans "L’Equipe" autour du dopage de Jalabert! Comme teaser juste avant le signal de départ, la com a fonctionné. Et depuis? Finalement, ça roule pépère… Et pourtant, les organisateurs ont eu la bonne idée de lancer le Tour de France en Corse. Résultat? Pas une cagoule, pas de règlement de compte. Finalement, pour faire baisser le taux de criminalité, ne fût-ce que 2 jours là-bas, Manuel Valls devrait y imposer le Tour de France chaque année! Ceci dit, je sais pourquoi ils ont commencé l’épreuve sur l’île de beauté, parce qu’organiser l’étape cycliste là-bas pendant le Tour, genre le 14 juillet, aurait été impensable! Un feu d’artifice corse, ce n’est pas comme chez nous genre: "Ho! La belle bleue! Wouah! Ho! La belle rouge! Wouha!" Non, là-bas, c’est: "Oh la belle maison bleue! BOUM! Oh la maison blanche! BOUM!" Je me rends compte qu’en bon vautour, je guette les résultats des tests d’urine. Le Tour de France est plus un feuilleton judiciaire croustillant qu’une épreuve sportive exaltante, plus Festina que fiesta. D’ailleurs, Bernard Tapie, comme par hasard, s’est aussi occupé de cyclisme. Il a créé une équipe dans les années 80 avec Bernard Hinault pour figure de proue. Vous vous souvenez du nom? Non? Alors asseyez-vous… C’était "la Vie Claire". Génial, hein? Associer Tapie et Vie Claire, c’est un peu comme imaginer Bart De Wever à genoux au Te Deum juste derrière la famille royale! Oups… Pardon, j’avais promis de ne rien dire sur Laeken.

La Vie Claire… Cela me fait penser à l’argument de Jan Ullrich justifiant son dopage. Une phrase d’anthologie: "C’était pour favoriser l’égalité des chances!" Bon sang, mais c’est bien pur! Ullrich parvient à diluer la dangerosité des produits en l’associant à un acte de solidarité, il est très "corporate", le gars, cherchant à être au diapason (et au même dosage) que les autres coureurs. Il parle directement au cœur des Français en reprenant 2 des 3 mots de la devise nationale: "égalité" et "fraternité". Wouah! Quand le dopage devient quasi un acte humanitaire, je dis à quand la pétition pour le soutenir?

En tout cas, ça a une autre gueule que la réplique de Jalabert: "Je ne dis pas que c’est vrai, je ne dis pas que c’est faux", qui finalement ne laisse planer aucun doute sur sa consommation de stimulants, ou celle de Nico Mattan, en 2007, très culpabilisante pour chacun d’entre nous: "Si moi aussi je me suis dopé? Qui ne s’est encore jamais comporté de façon incongrue dans sa vie?" Quant à Virenque, on sombre dans le fatalisme: "J’ai pris des produits dopants, je n’avais pas le choix." Plutôt que d’en parler avec gravité, ne vaut-il pas mieux, comme Anquetil, lancer un "Si on veut m’accuser de me doper, il suffit de regarder mes fesses et mes cuisses, ce sont de véritables écumoires". Pour moi, il y a quand même une raison qui justifie la prise d’EPO. Comment sincèrement pourriez-vous supporter, pendant des semaines, sur votre dos des vêtements aux couleurs aussi flashy qu’un costume pour la Gay Pride sans prendre un peu de pot belge?

Au fond, le plus crazy dans cette épreuve se résume en ces mots: plus les coureurs roulent vite, plus vite ils franchissent la ligne d’arrivée et… plus il faut de temps pour déterminer le vainqueur du Tour! Regardez ces 2es cyclistes relégués dans les oubliettes et qui, 10 ou 15 ans plus tard, par déclassement du vainqueur dopé, soudain, décrochent le maillot jaune!

Ils sont tellement surpris qu’ils ne réclament même pas dopage et intérêt. Là, je crois qu’on devrait, fin juillet, connaître le nom du vainqueur du Tour 2002 ou… 1997! Allez! Bel été à vous. Je vous retrouve mi-août, dopé… à l’enthousiasme de nos retrouvailles.

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